Dans l’enceinte de l’école publique Martine Oulabou, boulevard Bessieux à Libreville, une voix nouvelle s’est fait entendre samedi dernier. Celle du Syndicat des Professionnels de l’Éducation Nationale (SYPEN), organisation syndicale née en janvier 2024, qui tenait sa toute première assemblée générale ordinaire. Un baptême du feu qui s’est mué en véritable réquisitoire contre les pratiques actuelles de leur ministère de tutelle.

« L’éducation demeure au cœur du développement de toute nation », a rappelé le secrétaire général du SYPEN dans son discours inaugural, plantant d’emblée le décor d’une rencontre qui allait révéler les fractures profondes du système éducatif gabonais. Car derrière les formules de courtoisie et les appels à « l’unité, la solidarité et la défense des valeurs », c’est un constat d’amertume qui a dominé les débats.
Le jeune syndicat, encore dans ses langes avec des caisses quasi-vides et des cotisations qui tardent à rentrer, n’a pas mâché ses mots. Dominique Félix Paka, chargé de communication, a dressé un tableau sans complaisance de la situation : « On a observé des dissensions. Il y a des tensions entre la haute hiérarchie et la centrale. On a des camps qui ne s’arriment pas. » Un euphémisme qui cache mal la réalité d’un ministère en proie aux querelles internes et aux dysfonctionnements chroniques.

Plus grave encore, les témoignages font état de pratiques opaques qui minent le moral des troupes. « Des décisions qui sont prises en conférence budgétaire autour de décembre, on vient nous faire signer les documents autour d’avril », dénonce Paka, expliquant ainsi les retards récurrents dans le paiement des vacations. Un dysfonctionnement qui n’est pas sans rappeler les maux endémiques de l’administration gabonaise.
Depuis Franceville, Bertrand Giscard Moutsiangou, responsable provincial du SYPEN dans le Haut-Ogooué, enfonce le clou avec des révélations troublantes : « Des examens qui sont parfois confisqués à la fin des examens, plusieurs membres ne savent même pas dans quel centre ils ont été envoyés. On leur remet simplement des convocations sans pourtant que les décisions soient rendues officielles. » Un fonctionnement à huis clos qui tranche avec les exigences de transparence de cette cinquième République naissante.

Le malaise semble profond et généralisé. Même les syndicats frères, comme le SNEAAC représenté par Sosthene Tred Mba Eyeghezok, confirment partager les mêmes préoccupations. « Les thèmes débattus sont des thèmes dont déjà nous débattons au sein de notre syndicat », confie-t-il, annonçant dans la foulée le dépôt imminent d’un nouveau cahier de charges et d’un préavis de grève par la fusion des syndicats du ministère.

Car c’est bien là que le bât blesse. Face au « silence des autorités administratives » malgré les multiples dénonciations, le SYPEN a franchi le Rubicon en annonçant à son tour le dépôt d’un préavis de grève. Une escalade qui témoigne de l’exaspération grandissante du personnel éducatif, lassé de voir ses revendications tomber dans l’oreille d’un sourd.


Cette montée au créneau du SYPEN, malgré sa jeunesse et ses moyens limités, révèle l’ampleur du malaise qui traverse l’Éducation nationale. Dans un Gabon en pleine transition politique, où les citoyens espèrent voir naître une gouvernance plus vertueuse, les dysfonctionnements persistants du système éducatif sonnent comme un rappel à l’ordre. L’école, censée former les citoyens de demain, ne peut se permettre d’être à la traîne des réformes promises.
Reste à savoir si les autorités sauront entendre ce cri d’alarme avant que la situation ne dégénère. Car au-delà des enjeux syndicaux, c’est bien l’avenir éducatif du Gabon qui se joue dans cette partie de bras de fer entre les professionnels du secteur et leur hiérarchie.
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