Affaire Bongo : Sylvia et Noureddin dénoncent un « procès politique » et réclament la transparence

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Déclaration des Bongo

20251113 141314Au lendemain de leur condamnation par la Cour criminelle spécialisée, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin sortent de leur silence. Dans un communiqué commun publié ce 13 novembre, les deux condamnés rejettent fermement les accusations portées contre eux et dénoncent ce qu’ils qualifient de « graves irrégularités de procédure » et de « caricature d’instrumentalisation politique de la justice ».

 

Tout en réaffirmant leur respect pour la justice gabonaise, l’ancienne Première dame et son fils se disent profondément préoccupés par les conditions dans lesquelles la décision a été rendue.

 

 « Pendant près de deux ans, nous n’avons jamais pu recevoir notre avocat à la prison centrale de Libreville ni dans le sous-sol de la Présidence de la République où nous avons été retenus en captivité », affirment-ils.

 

Ils annoncent leur intention de contester la décision devant la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples, puis devant la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples.

Selon eux, plusieurs atteintes au droit de la défense auraient été commises, notamment le refus du ministère public de reconnaître l’existence d’un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre d’Accusation Spécialisée.

 

Des accusations rejetées en bloc

 

Dans leur texte, Sylvia Bongo et son fils réfutent toute implication dans les faits qui leur sont reprochés.

L’ancienne Première dame souligne n’avoir « jamais occupé de fonctions au sein de l’appareil étatique », tandis que Noureddin rappelle avoir été « coordinateur des affaires présidentielles pendant 18 mois, sans gérer de budget ».

 

Ils jugent par ailleurs « incohérentes » les condamnations financières prononcées contre eux.

« Les montants annoncés sont tellement faramineux qu’ils ne trompent personne », écrivent-ils, évoquant des sociétés et des biens « qui ne leur appartiennent pas ».

 

Estimant que leur procès s’est déroulé dans un climat de pression politique, ils accusent le ministère public d’avoir « tenté d’asseoir [leur] culpabilité sans preuves, en s’appuyant sur des déclarations de personnes elles-mêmes accusées et craignant pour leur vie ».

 

Dans une ultime interpellation, Sylvia et Noureddin Bongo demandent au Ministère Public de rendre public l’intégralité de leur dossier de 2 188 pages, afin que « le peuple gabonais puisse juger par lui-même ».

Tandis que la justice affirme avoir agi en toute indépendance, les partisans des Bongo y voient une revanche politique. Le dossier, désormais porté à l’international, promet de connaître de nouveaux rebondissements dans les semaines à venir.

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