Nuit de fer à Libreville : le Maire reprend les trottoirs du 5ᵉ arrondissement

Dans une ambiance de fermeté inédite, la mairie de Libreville a frappé un grand coup dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août 2026. Le Maire Eugène M’ba, en personne, a conduit une opération de dégagement des trottoirs dans le 5ᵉ arrondissement, ciblant les zones de Carrefour Lalala et des abords de l’échangeur d’IAI, devenues des symboles de l’occupation sauvage de l’espace public. Entouré de ses adjoints, des maires d’arrondissement et des directeurs généraux de l’environnement, du cadastre, de l’habitat et des infrastructures urbaines, l’édile a donné le ton : plus aucun répit pour les installations illégales qui étouffent la circulation piétonne et défigurent le visage de la capitale.

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Le choix de la nuit n’a rien d’anodin. En agissant à la faveur de l’obscurité, la Municipalité a voulu conjuguer efficacité et sécurité, éloignant le spectre d’affrontements directs avec des commerçants souvent prompts à défendre leurs emplacements. Cette stratégie, risquée sur le plan symbolique, a permis aux engins récemment offerts par le Président de la République de déployer toute leur puissance, sous la conduite d’agents spécialement formés. Les structures éphémères – bâches, étals de fortune, abris de tôle – sont tombées les unes après les autres, évacuées dans un ballet méthodique, avant que les équipes de la Direction de la Propreté, épaulées par Clean Africa, ne restaurent la propreté et la dignité des espaces reconquis. Les trottoirs, longtemps prisonniers d’un commerce informel sans frein, ont retrouvé leur vocation première : le passage des piétons et la respiration de la cité.

 

Au-delà de la démonstration de force, la municipalité a pris soin d’accompagner son message d’une porte de sortie : les commerçants délogés sont invités à rejoindre les marchés officiels du 5ᵉ arrondissement, où des places aménagées les attendent dans des conditions plus saines, plus sûres et réglementées. Une offre qui, si elle est sincère, devra convaincre des acteurs économiques habitués à la flexibilité de la rue et rétifs aux contraintes administratives. Le Maire a martelé que le domaine public est un bien commun, et que l’initiative « Libérer les trottoirs » ne faiblira pas, promettant une intensité égale dans tous les quartiers de la capitale.

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Cette opération, aussi spectaculaire soit-elle, soulève cependant des interrogations qui dépassent le simple cadre de la voirie. En misant sur la nuit et la force, la Municipalité fait le choix d’une rupture brutale avec des pratiques ancrées, sans que l’on perçoive clairement une stratégie de dialogue préalable ou d’accompagnement socio-économique à long terme.

 

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Les places disponibles dans les marchés sont-elles réellement accessibles, tant financièrement que logistiquement, pour des petits vendeurs qui vivent au jour le jour ? Le risque est grand de déplacer le problème plutôt que de le résoudre, en rejetant vers d’autres artères ou en créant une fracture sociale supplémentaire entre une autorité musclée et une population précaire.

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Reste que l’urgence de l’ordre urbain, à Libreville, ne souffre plus de tergiversations : les trottoirs ne peuvent rester des zones de non-droit. Mais pour que cette nuit de fer ne soit pas qu’un coup d’éclat, elle devra se muer en une politique durable d’aménagement et de concertation, sous peine de voir les étals renaître dès le prochain crépuscule.




Assistant Edu Gabon

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