Gabon : quatre pointes d’ivoire saisies, deux suspects écroués

À Lipaka 2, dans le département de Mulundu, une enquête sur l’abattage d’un éléphant de forêt a conduit à l’interpellation de plusieurs personnes. Quatre pointes d’ivoire correspondant à deux éléphants tués ont été saisies.

Le braconnage continue de menacer les éléphants de forêt au Gabon. À Lipaka 2, un village situé sur l’axe Lastoursville-Moanda, dans le département de Mulundu, une enquête menée par les agents des Eaux et Forêts et les forces de l’ordre a permis de mettre au jour un nouveau cas présumé de trafic d’ivoire.

Tout est parti d’un signalement faisant état de l’abattage d’un éléphant dans le village. Informés par une personne de bonne foi, les agents des Eaux et Forêts se sont rendus sur les lieux, où ils ont découvert la dépouille de l’animal, privée de ses pointes d’ivoire.

Les investigations conduites les 22, 23 et 24 septembre 2026 ont permis d’interpeller cinq individus et de découvrir deux autres pointes d’ivoire, en plus de celles recherchées après la découverte de l’éléphant abattu. Au total, quatre pointes correspondant à deux éléphants tués ont été saisies. Une arme à feu de calibre 12 ainsi que des munitions de fabrication artisanale ont également été découvertes chez l’un des mis en cause.

Après les premières vérifications, l’un des cinq individus interpellés a été mis hors de cause. Les quatre autres ont été présentés au parquet de la République à Libreville le 28 septembre 2026. À l’issue de la procédure, le juge d’instruction a ordonné le placement en détention de deux d’entre eux, tandis que les deux autres ont bénéficié d’une liberté provisoire. L’instruction judiciaire se poursuit.

En cas de condamnation, les présumés trafiquants encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende équivalant au quintuple de la valeur des produits saisis, conformément à l’article 390 du Code pénal gabonais.

Un patrimoine naturel toujours menacé

Au-delà de cette procédure judiciaire, cette affaire rappelle la pression qui continue de peser sur l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis), une espèce emblématique dont le rôle dans la régénération des forêts lui vaut le surnom de « jardinier des forêts tropicales ».

Selon les estimations citées dans les informations relatives à cette affaire, le Gabon abriterait encore quelque 95 000 éléphants de forêt, soit plus de la moitié de la population mondiale de cette espèce. Mais cette richesse naturelle reste exposée au braconnage, à la réduction de son habitat et aux changements climatiques, qui perturbent notamment la fructification des arbres et l’alimentation des animaux.

Lorsque les ressources alimentaires se raréfient, les éléphants peuvent également se rapprocher des plantations agricoles, accentuant les tensions avec les populations riveraines.

La lutte contre le trafic d’ivoire ne repose donc pas uniquement sur les arrestations et les sanctions judiciaires. La sensibilisation, le développement d’activités génératrices de revenus pour les communautés locales et la promotion de l’écotourisme constituent aussi des leviers importants pour préserver durablement cette espèce et les forêts gabonaises.

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Assistant Edu Gabon

Franck Charly Mandoukou

Directeur de la publication, Journaliste libre et indépendant. Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...

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