DRAME DU PROSPECTOR 5 : L’ONEP EXIGE LA VÉRITÉ ET PLUS DE SÉCURITÉ

Après l’accident majeur survenu sur le rig de forage Prospector 5 de Borr Drilling, sur le permis offshore Dussafu Marin de BW Energy, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) exprime sa solidarité envers les familles des disparus et les travailleurs rescapés. Dans un communiqué daté du 27 octobre, le syndicat réclame la transparence sur les circonstances du drame et un renforcement des mesures de sécurité dans le secteur pétrolier au Gabon.

Derrière les chiffres, il y a des familles plongées dans l’angoisse, des collègues sous le choc et des travailleurs qui attendent de savoir ce qui s’est réellement passé. Selon l’ONEP, sur les 115 personnes présentes à bord de l’installation au moment de l’accident, 110 ont pu être évacuées, tandis que cinq personnes restaient portées disparues au moment de la publication du communiqué. Parmi elles figurent trois ressortissants gabonais, membres du syndicat, un Croate et un Indien, dont le décès aurait été signalé par des témoins.

Face à cette situation, l’organisation syndicale adresse son soutien aux familles concernées. Elle salue également la mobilisation des autorités gabonaises et des équipes de secours, tout en appelant à la poursuite des recherches pour retrouver les personnes encore portées disparues.

Trois travailleurs gabonais parmi les disparus

Pour l’ONEP, ce drame revêt une dimension particulièrement douloureuse. Les trois travailleurs gabonais portés disparus sont des membres de l’organisation. Selon le syndicat, ils avaient auparavant exercé dans le cadre de contrats précaires par l’intermédiaire de prestataires, avant d’être recrutés en contrat à durée indéterminée (CDI) par Borr Drilling en mars 2024, aux côtés d’une centaine de leurs collègues.

Cette évolution contractuelle s’inscrivait dans le cadre du combat mené par l’ONEP pour l’application de la loi 20 relative à la mise à disposition du personnel. Au-delà de l’émotion, le syndicat rappelle un principe essentiel : aucune exigence économique ou opérationnelle ne doit passer avant la vie humaine, la santé et la sécurité des travailleurs.

Une enquête transparente attendue

L’ONEP apporte son soutien aux mesures annoncées par le ministre du Pétrole et du Gaz, notamment l’activation d’une cellule de crise, l’ouverture d’une enquête technique et la prise en charge médicale et psychologique des rescapés.

Toutefois, elle demande que les organisations syndicales représentatives du secteur pétrolier soient associées aux travaux de la cellule de crise, conformément au principe du dialogue tripartite défendu par l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le syndicat insiste également sur la nécessité de rendre publiques les conclusions de l’enquête technique, afin que les causes exactes de l’accident soient établies et que les responsabilités éventuelles soient déterminées. Il réclame par ailleurs un accompagnement adapté des familles des personnes disparues.

Prévenir de nouveaux drames dans le secteur pétrolier

L’accident du Prospector 5 relance les interrogations sur la prévention des risques dans une industrie où les opérations offshore et onshore exposent les travailleurs à des dangers importants.

L’ONEP demande ainsi un réexamen approfondi des dispositifs de prévention, de contrôle et de sécurité sur les installations pétrolières des entreprises opérant au Gabon. Elle souhaite que les syndicats représentatifs participent effectivement à cette démarche.

L’organisation appelle également à l’adoption des textes réglementaires nécessaires à l’application des dispositions du Code du travail relatives à la santé et à la sécurité au travail. Selon elle, l’absence de ces textes d’application limite la capacité des inspecteurs du travail à exercer pleinement leurs missions de contrôle.

Le renforcement des compétences des agents de la Direction générale des hydrocarbures, notamment dans les secteurs amont et aval, figure aussi parmi les mesures préconisées pour améliorer les contrôles techniques des installations et la qualité des validations administratives.

L’ombre persistante du drame de Bécuna

Dans son communiqué, l’ONEP établit également un lien avec l’explosion survenue le 20 mars 2024 sur la plateforme offshore Bécuna de Perenco Oil & Gas Gabon. Cet accident, intervenu lors d’une opération de maintenance de puits (workover), avait coûté la vie à six travailleurs.

Plus de deux ans après cette tragédie, le syndicat estime que les Gabonais doivent pouvoir connaître les conclusions des enquêtes engagées. Il demande au gouvernement de publier les résultats de l’enquête administrative et technique diligentée par le ministère du Pétrole et du Gaz, ainsi que ceux de l’enquête judiciaire conduite sous l’autorité du ministère public.

L’ONEP souhaite également que les réformes engagées à la suite de cet accident soient présentées publiquement, afin de tirer les enseignements nécessaires et d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

Pour l’organisation syndicale, la sécurité au travail ne peut être considérée comme une simple formalité administrative. Elle constitue un droit fondamental et une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les employeurs et les travailleurs.

En attendant les conclusions des investigations sur l’accident du Prospector 5, l’ONEP affirme qu’elle restera particulièrement vigilante quant aux suites données à ses revendications. Pour les familles des disparus et les salariés du secteur pétrolier, l’enjeu est désormais de connaître la vérité, d’établir les responsabilités et de faire en sorte que la protection de la vie humaine demeure une priorité absolue.

 

 





Assistant Edu Gabon

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