C’est une date qui restera gravée dans les annales de la diplomatie environnementale gabonaise. Ce mardi 3 novembre 2026, Libreville a officialisé un tournant majeur avec la signature des tout premiers accords de commercialisation de crédits carbone juridictionnels. Une étape décisive portée par le Comité de Pilotage pour la Restructuration de la Société Civile Gabonaise (COP-RESCO), qui salue avec enthousiasme une avancée qualifiée d’historique pour la valorisation du patrimoine naturel du pays.
Au cœur de cette victoire, le statut unique du Gabon sur l’échiquier mondial : celui de leader du Bassin du Congo en matière de bilan carbone positif. Avec un statut « High Forest, Low Deforestation » (HFLD), le pays voit enfin ses années d’efforts continus pour la préservation de ses forêts tropicales et de sa biodiversité se transformer en valeur marchande et en justice climatique.
Le COP-RESCO ne cache pas sa fierté et souligne les piliers fondamentaux de cette réussite. D’abord, la souveraineté. La commercialisation à l’échelle juridictionnelle garantit une approche globale et évite le morcellement des initiatives. « La commercialisation à l’échelle juridictionnelle garantit une approche globale, évitant le morcellement des initiatives et assurant une gestion rigoureuse, transparente et vérifiable au niveau national », souligne le communiqué de l’organisation.
Mais au-delà de la portée environnementale, l’accord revêt une dimension éminemment sociale et économique. Le Comité rappelle que les retombées de ces crédits se doivent d’être directes et tangibles pour les populations locales et les communautés autochtones. « Le COP-RESCO rappelle que l’efficacité de ces accords se mesurera à l’impact direct des revenus générés sur la vie des populations locales et des communautés autochtones, gardiennes ancestrales de nos forêts », insiste l’organisation, qui voit dans ces financements innovants un levier pour une économie durable et souveraine, où la conservation devient un moteur de développement.
Conscient des enjeux de gouvernance que sous-tendent ces mécanismes financiers, le COP-RESCO lance un appel solennel à l’ensemble des parties prenantes. Il plaide pour le maintien d’un haut niveau de transparence et d’inclusivité dans la redistribution des bénéfices. La société civile, affirme-t-elle, réaffirme sa disponibilité à jouer pleinement son rôle de partenaire constructif et d’observateur vigilant dans la mise en œuvre de ces accords.
Pour le Coordonnateur Général, Frédéric MBA BIBANG, l’impact dépasse largement les frontières nationales. « La signature de ces premiers accords de commercialisation n’est pas seulement une victoire économique pour le Gabon, c’est un signal fort adressé au monde : la préservation de notre planète doit être reconnue, valorisée et rémunérée à sa juste valeur », a-t-il déclaré.
À travers cette signature, le Gabon ne vend pas seulement du carbone ; il exporte un modèle de résilience et pose une pierre angulaire pour l’avenir de la finance climatique mondiale.
