« Tout est à refaire » : le SYPROSS enflamme la CNSS à quelques heures du scrutin

L’air était électrique, ce lundi 27 avril, dans les couloirs du siège de la Caisse nationale de sécurité sociale. À la veille d’une échéance professionnelle décisive, le SYPROSS, mené par un Richard Ndi Bekoung au verbe incisif, a tenu une réunion de la dernière chance. Une rencontre intense, sans fard, où les mots ont claqué comme autant de promesses arrachées à l’inaction. Dans une ambiance de veillée d’armes, la liste syndicale a été présentée aux agents, et le mot d’ordre a résonné en un seul souffle : « Tout est à refaire. »  IMG 20260427 101344

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Face à un personnel suspendu aux lèvres des candidats, le président du SYPROSS n’a pas tourné autour du pot. « Nous sommes engagés à participer fermement à cette élection, a-t-il lancé. Nous nous sommes entretenus avec nos collègues du siège pour leur dire ce que le SYPROSS comptait faire si, au lendemain du scrutin, nous étions désignés comme majorité ou syndicat le plus représentatif. » L’enjeu est de taille : il ne s’agit pas d’une simple élection de délégués du personnel, mais bien de dégager une représentativité syndicale selon des règles fixées par le ministre du Travail, où seuls les syndicats légalement constitués peuvent concourir.

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Pourtant, à quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, une ombre plane. Ndi Bekoung pointe du doigt un retard aussi inexplicable qu’inquiétant : « Jusqu’à ce jour, les listes électorales, les listes des électeurs comme celles des candidats, n’ont pas encore été affichées. On ne peut pas afficher des listes à la veille d’une élection. » À la tribune improvisée, l’étonnement se mêle à la méfiance, même si le syndicaliste rappelle que la CNSS a toujours su organiser ces scrutins par le passé.

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Le débat s’est ensuite cristallisé sur la douloureuse question de la convention collective signée il y a quelques mois. Sans détour, les candidats du SYPROSS ont étrillé un texte qui impose aux agents d’attendre huit ans pour passer d’une catégorie à une autre lorsqu’ils sont agents de maîtrise ou d’exécution, et dix ans pour les cadres. « C’est inadmissible ! s’est indigné le leader syndical, sous les murmures approbateurs de la salle. Nous vous promettons de revoir ces dispositions. » Avec une franchise rare, il a rappelé que son syndicat, alors minoritaire, n’avait pu qu’apporter quelques amendements, le gros de la convention ayant été ficelé par la direction et les autres organisations. Il n’a pas manqué d’épingler le syndicat majoritaire actuel, qui détenait pourtant la capacité de bloquer le processus mais a choisi de valider ces délais interminables. « L’attitude de nos collègues interroge », a-t-il glissé, laissant planer le soupçon d’une compromission silencieuse.

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Dans un registre plus offensif encore, Richard Ndi Bekoung a donné à voir le caractère qu’il revendique depuis quinze ans de syndicalisme. Il a évoqué, sans les détailler à outrance, des offres « frisant la corruption » déclinées par son bureau : avancements de carrière accélérés, primes de valorisation, postes budgétaires huppés. Une manière de retourner contre ses détracteurs les insinuations et manipulations dont son équipe ferait l’objet. « Nous n’avons rien à cacher, notre intégrité est notre seule monnaie », a-t-il martelé, invitant chacun à juger sur les actes.

 

La campagne a aussi été l’occasion de dévoiler un projet social d’une rare générosité en direction des retraités, ces oubliés des grandes négociations. Le SYPROSS propose ni plus ni moins de remplacer la cérémonie de départ à la retraite par le versement d’une prime de reconnaissance d’un minimum de deux millions de francs CFA. Il suggère en outre d’offrir à chaque nouvel admis à la retraite une prestation d’assurance complémentaire pendant six mois et milite pour l’installation d’une infirmerie digne de ce nom au sein même des locaux de la CNSS.

 

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Alors que l’heure du choix approche, le message final de Richard Ndi Bekoung a pris la forme d’un appel vibrant, presque solennel : « Levez-vous comme un seul homme et allez voter pour les candidats du SYPROSS. Ces candidats ont été choisis sur la base de l’expérience et de l’intégrité. Ce sont des gens formés. » Et de brandir le bulletin blanc de son organisation, symbole d’un scrutin placé sous le signe du renouveau, tout en précisant avec une humilité calculée : « Vous ne votez pas Bekoung, vous votez ces gens-là. » Dans une maison CNSS en ébullition, le pavé jeté dans la mare aura au moins brisé la quiétude d’une veille d’élection que l’on promettait routinière. Reste à savoir si les urnes confirmeront ce lundi le souffle d’une colère froide.



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