Il y a des concerts qui se contentent de remplir une salle. Et il y en a d’autres qui réparent une mémoire. IFUMB Acte 2 appartient clairement à la seconde catégorie.
Après une première édition qui a marqué les esprits, l’événement revient avec une ambition assumée : ne pas laisser le rap gabonais des origines se dissoudre dans le bruit de l’actualité musicale. Baptisé « Le Concert des Légendes », ce deuxième acte rassemble une fois encore les figures qui ont posé les premières pierres du mouvement hip-hop national, à une époque où il fallait souvent croire seul à ce que personne ne prenait encore au sérieux.
Derrière ce projet, un nom revient sans surprise : Juste Parfait Moubamba, alias Bung Pinze. Promoteur et cheville ouvrière du concept, il ne se contente pas d’organiser un spectacle, il porte un combat plus discret, celui de la transmission. Dans un secteur musical où tout s’accélère et où les modes se consument vite, il a choisi de ralentir le temps, de rouvrir les archives vivantes du rap gabonais et de leur redonner une scène.
Car c’est bien là tout l’enjeu d’IFUMB : remettre debout des artistes qui ont construit un genre à mains nues, sans réseaux sociaux, sans clips millionnaires, juste avec des mots, du rythme et une rage créative. Le public qui se déplacera pourra ainsi retrouver des morceaux qui ont bercé toute une génération, et en redécouvrir d’autres, restés trop longtemps dans l’ombre malgré leur influence évidente sur le rap urbain actuel.
Mais réduire IFUMB Acte 2 à un simple concert serait passer à côté de l’essentiel. C’est avant tout un pont tendu entre deux époques : celle des pionniers, qui ont défriché un terrain hostile, et celle d’une jeunesse curieuse de comprendre d’où vient ce qu’elle écoute aujourd’hui. Un dialogue rare, où la nostalgie ne s’oppose pas à la modernité, mais l’éclaire.
Avec ce deuxième acte, Bung Pinze et son équipe confirment qu’IFUMB n’est plus un simple événement ponctuel, mais s’impose progressivement comme un rendez-vous culturel structurant pour le Gabon. Une manière de dire que l’histoire du rap gabonais ne mérite pas d’être racontée seulement dans les souvenirs, mais célébrée, vivante, sur scène.
Les légendes remontent. Les souvenirs remontent avec elles. Et le rap gabonais, une fois encore, refuse d’oublier ceux qui lui ont donné une voix.
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