Au cœur du centre d’examen de Bikélé, ce vendredi 17 juillet, l’atmosphère est celle des grands jours, empreinte d’une ferveur qui dépasse le simple cadre des épreuves scolaires. Ce pôle d’excellence, qui abrite cette année huit filières techniques, est devenu le théâtre d’une résilience exemplaire où 229 candidats — l’un des 230 inscrits étant malheureusement hospitalisé — jouent leur avenir avec une détermination palpable. C’est dans ce contexte de haute exigence que Camelia Ntoutoume Leclercq, Ministre d’État chargée de l’Éducation Nationale, a tenu à se rendre sur le terrain pour saluer le courage de cette jeunesse. Loin des discours protocolaires, sa visite s’est voulue une immersion au plus près des réalités de ces futurs techniciens et ingénieurs qui constituent, selon elle, le véritable moteur de la transformation nationale.

Le regard de la Ministre s’est plus particulièrement posé sur la filière « Orgo », un département dont le parcours récent ressemble à un véritable chemin de croix pédagogique. Confrontés à des pénuries chroniques de matière d’œuvre durant l’année, ces élèves ont dû sacrifier leurs moments de repos pour ne pas sombrer. « J’ai tenu à visiter le centre de Bikélé, notamment la filière Orgo, parce que c’est une filière qui a connu beaucoup de difficultés pendant l’année scolaire », a-t-elle confié avec émotion.
Entre les murs des ateliers, le constat est sans appel : pour rattraper le temps perdu, les vacances ont été gommées de l’agenda, cédant la place à un marathon de cours intensifs. « Ils n’ont pas eu de vacances. Les enseignants n’ont pas eu le temps de souffler avant le baccalauréat. Ils ont enchaîné pour rattraper de manière intensive les cours », a précisé la Ministre d’État, soulignant l’abnégation d’un corps enseignant totalement dévoué à la réussite de ses protégés.

Au-delà de l’effort académique, c’est une vision stratégique pour le Gabon qui s’est dessinée lors de cette rencontre à Bikélé. Pour Camelia Ntoutoume Leclercq, le développement du pays ne pourra se faire sans une valorisation massive de l’expertise technique, une priorité portée par les plus hautes autorités de l’État. Sous la « très haute impulsion du président de la République, chef de l’État, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema », le gouvernement entend placer la formation professionnelle au sommet de l’agenda politique. La Ministre a martelé un discours de vérité : si l’enseignement général garde ses lettres de noblesse, l’heure est désormais à la transformation locale des richesses. « Un pays se développe en ayant justement des enfants, des personnes bien formées, des ouvriers bien formés, des ingénieurs bien formés », a-t-elle affirmé, liant directement l’obtention de ces diplômes aux grands chantiers d’envergure lancés à travers le territoire national.

L’un des moments les plus forts de cette visite fut sans conteste l’observation des ateliers de maçonnerie, où les préjugés sexistes volent en éclats sous le poids des parpaings. Dans un secteur traditionnellement masculin, la Ministre s’est réjouie de voir des jeunes filles s’approprier les gestes techniques avec une aisance déconcertante. C’est un combat pour la modernité qui se joue ici, contre les stéréotypes qui freinent encore trop souvent l’ambition féminine. « Vous voyez autour de moi, il y a des jeunes filles qui montent bien les parpaings, qui font du crépissage et je peux vous dire qu’elles sont excellentes », a-t-elle observé avec une fierté manifeste. Ce « battage en rappel » contre les clichés est un signal fort envoyé à toute la société gabonaise : le talent n’a pas de genre, et l’excellence technique est une voie royale pour toutes celles et ceux qui ont la vocation du « faire ».

C’est donc un appel vibrant à la confiance que la Ministre d’État a lancé en direction des familles gabonaises. Longtemps perçu comme une voie de garage, l’enseignement technique doit redevenir un choix de premier rang, un choix de passion et de raison. Elle a exhorté les parents à soutenir leurs enfants dans cette voie, à « croire en eux » et à les accompagner sans crainte. Pour la patronne de l’Éducation Nationale, il est impératif que « nous ayons plus d’enfants dans l’enseignement technique et professionnel » pour répondre aux besoins d’un Gabon en pleine mutation industrielle. Ce changement de paradigme est essentiel pour que la jeunesse ne soit plus simplement spectatrice, mais actrice directe de la transformation des matières premières locales, créant ainsi de la valeur ajoutée sur le sol national.

Alors que les épreuves se poursuivent sur l’ensemble du territoire, le passage de Camelia Ntoutoume Leclercq à Bikélé laisse derrière lui un souffle d’espoir et de reconnaissance. La Ministre repart « très contente » et « fière » de ces élèves qui portent en eux une « passion dans le cœur » malgré les embûches. L’attente des résultats se fait désormais avec une impatience partagée, tant l’enjeu dépasse la simple réussite individuelle pour devenir un symbole de renaissance éducative.
En quittant les lieux, ses mots de gratitude pour l’encadrement et ses encouragements pour les candidats de tout le pays résonnaient comme une promesse : celle d’un État qui ne laissera plus ses talents techniques dans l’ombre, car c’est à Bikélé, et dans tous les centres similaires, que se forge aujourd’hui le Gabon de demain.
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