À l’heure où la tension médiatique et diplomatique menace de prendre le pas sur la raison, le Comité de Pilotage pour la Restauration de la Société Civile Gabonaise (COP-RESOC) a choisi d’élever la voix. Dans un communiqué publié ce 31 juillet, l’organisation salue l’entrée en scène de l’Union africaine dans le différend frontalier opposant le Gabon à la Guinée équatoriale, tout en adressant un appel solennel à la responsabilité des acteurs concernés.
Pour Frédéric Mba Bibang, Coordonnateur Général du COP-RESOC, l’implication du continent est un signal fort. « Le COP-RESOC salue l’ouverture de cette médiation continentale, manifestation évidente de la maturité des institutions africaines et de leur aptitude à privilégier le dialogue, le droit et la fraternité dans la résolution des contentieux interétatiques », peut-on lire dans la déclaration. Une prise de position qui intervient alors que les discussions s’intensifient autour de la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ) du 19 mai 2025, qui a attribué la souveraineté des îlots à Malabo tout en impliquant des ajustements territoriaux pour le Gabon .
Au-delà des considérations juridiques, le COP-RESOC insiste sur la préservation des liens historiques entre les deux peuples. « Les peuples gabonais et équato-guinéens sont unis par une histoire, une géographie et un destin communs au sein d’une Afrique centrale solidaire. Aucune divergence frontalière ne saurait affaiblir les fondements de cette fraternité historique », rappelle le texte.

Mais le comité ne se contente pas de vœux pieux. Dans une approche constructive mais ferme, il plaide pour un réexamen de la décision gabonaise de suspendre sa participation à l’accord-cadre du 28 juillet 2026. Un geste qui, selon l’organisation, serait crucial pour « restaurer pleinement le climat de confiance et la dynamique de concertation ». Face à l’émotion soulevée par les récentes déclarations officielles, le COP-RESOC exhorte également les deux États à une « communication mesurée » et invite la société civile à rejeter « tout discours de haine, de surenchère ou de division ».
« Le COP-RESOC demeure convaincu que cette étape clé saura ouvrir la voie à un partenariat réinventé entre le Gabon et la Guinée Équatoriale, tourné vers le développement durable des zones frontalières et la gestion concertée des ressources maritimes au bénéfice direct de nos populations », conclut Frédéric Mba Bibang.
Alors que les regards se tournent vers les prochaines étapes de la médiation menée par l’UA, cet appel à la sagesse résonne comme un garde-fou contre les dérives possibles d’un contentieux où le droit international peine parfois à contenir les passions nationalistes .
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