Visite ministérielle sur les chantiers du PISE : Camélia Ntoutoume Leclercq constate l’implication des jeunes qui financent leur rentrée scolaire

Sous le soleil de plomb qui écrase ce samedi 22 août les chantiers d’Ondogo et d’Akébé 2, le ballet des pelleteuses et le cliquetis des truelles racontent une histoire qui dépasse la simple maçonnerie. Ici, dans le cadre de la deuxième phase du Projet d’Investissement dans le Secteur Éducation (PISE), l’avenir du Gabon se dessine littéralement dans le béton frais et la poussière des briques. Lors d’une récente visite d’inspection, Camélia Ntoutoume Leclercq, Ministre d’État de l’éducation nationale et de l’instruction civique, a pu constater que ces infrastructures, destinées à accueillir des milliers d’élèves, ne sont pas seulement portées par des entreprises de BTP, mais aussi par une jeunesse résiliente et pragmatique. Entre les murs en cours d’élévation, des visages juvéniles se mêlent aux ouvriers expérimentés, transformant leurs vacances scolaires en un apprentissage de la vie et un combat pour leur propre éducation.

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Parmi eux, Warren Mba Ndong , un jeune élève qui s’apprête à entrer en classe de seconde, incarne cette volonté de fer. Loin de l’oisiveté estivale, on le retrouve maniant la pelle et le balai avec une discipline rigoureuse. Interrogé sur sa présence insolite sur ce chantier de gros œuvres, il explique avec une lucidité désarmante son rôle polyvalent : « Je suis un peu un soit-disant HTM. Je fais un peu tout sort de je peux faire le nettoyage. Je peux être apprenti maçon. Je peux aussi faire par exemple comme vous m’avez vu en train de faire le remblayage ». Pour Warren Mba Ndong, chaque goutte de sueur versée à Ondogo a une valeur précise, celle de l’autonomie financière face à une rentrée scolaire toujours exigeante. « Ça me plaît, puisque c’est une manière de gagner de l’argent pour subvenir à mes besoins pendant la rentrée scolaire », confie-t-il, précisant qu’il gagne entre 6 000 et 7 000 francs CFA par journée de travail.

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Plus loin, sur un autre secteur du chantier, Curtis, 18 ans, peaufine sa technique. Élève en classe de Terminale, il ne voit pas ce travail comme un simple gagne-pain temporaire, mais comme une immersion professionnelle anticipée. Pour ce futur bachelier qui aspire à devenir ingénieur, le chantier est son premier laboratoire de terrain. « Depuis la classe de seconde, j’ai l’envie d’être ingénieur dans le bâtiment. Donc ça me permet un peu de voir déjà ce qui va se passer », affirme-t-il avec assurance. Travaillant comme « homme à tout faire » depuis l’âge de 15 ans, Curtis aide les maçons à transporter le bois pour le coffrage, finançant ainsi ses livres, ses cahiers et ses chaussures pour l’année à venir. Son parcours illustre une jeunesse qui n’attend pas que les opportunités tombent du ciel, mais qui les bâtit, pierre par pierre, sous l’œil attentif des chefs de chantier.

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Cette dynamique individuelle s’inscrit dans un plan national ambitieux de restructuration scolaire. La Ministre d’État, chargé de l’éducation nationale et l’instruction civique, a rappelé que 15 établissements sont actuellement en construction ou en réhabilitation à Libreville et Port-Gentil, des zones choisies en raison de l’explosion de la population scolaire. L’objectif est clair : désengorger les salles de classe et rapprocher l’école des familles pour réduire les coûts de transport. « Nous poursuivons l’amélioration des infrastructures scolaires… Nous avons décidé à côté de l’école primaire d’y construire également un collège », a-t-elle déclaré lors de sa visite à Ondogo, soulignant l’importance de créer des « cercles vertueux » incluant des salles multimédias et des espaces sportifs pour l’épanouissement des enfants. L’éducation est, selon elle, le pivot central de la politique gouvernementale, placée au cœur des priorités par le Chef de l’État.

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Cependant, la réalité du terrain impose parfois des défis techniques qui ralentissent cette ambition. À Akébé 2, le projet a dû être totalement restructuré pour intégrer un Collège d’Enseignement Secondaire (CES), ce qui a inévitablement décalé les délais initiaux de livraison. Le directeur technique de l’entreprise STEC BTP, Monsieur Moukiama, se veut pourtant rassurant malgré les interrogations sur la faible mobilisation constatée certains week-ends. « À plein régime, nous sommes une centaine de personnes sur le site », explique-t-il, justifiant les délais actuels par la complexité de l’intégration de nouvelles structures au projet de base. Bien que la rentrée soit imminente, certains chantiers ne seront livrés qu’en décembre, obligeant le gouvernement à maintenir une pression constante sur les entreprises pour éviter des retards préjudiciables à la scolarité des élèves.

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Pour pallier ces retards de livraison, des mesures exceptionnelles ont été annoncées afin de rassurer les parents d’élèves. La Ministre d’État a précisé que les enfants temporairement orientés vers d’autres établissements pour le premier trimestre porteront une tenue civile spécifique avant de rejoindre leurs structures définitives en fin d’année. Un système de carte scolaire sera mis en place pour faciliter cette transition, tandis que les prix des fournitures et de la scolarité ont été plafonnés pour soulager le budget des ménages. « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation parce qu’il faut que nos enfants viennent dans les établissements où c’est sécurisé », a martelé la ministre, insistant sur le respect des normes internationales de qualité malgré l’urgence de la situation.

 

Ces chantiers de la phase 2 du Projet PISE sont bien plus que des empilements de parpaings ; ils sont le théâtre d’une rencontre entre les ambitions d’un État qui se modernise et les aspirations d’une jeunesse qui se prend en charge. Des jeunes comme Warren Mba Ndong et Curtis, qui demain s’assiéront peut-être sur les bancs de ces mêmes salles de classe qu’ils ont aidé à construire, prouvent que la valeur du travail et celle de l’éducation sont les deux faces d’une même pièce.

En attendant les livraisons de décembre, le Gabon continue de bâtir son futur, porté par l’exigence de la qualité et l’énergie infatigable de ses futurs ingénieurs et techniciens qui, déjà, marquent de leur empreinte le sol de la République.




Assistant Edu Gabon

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