Malinga : un adjudant-chef de gendarmerie accusé d’avoir détruit le téléphone d’un jeune homme lors des festivités du 17 août

La célébration du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon, le 17 août à Malinga, chef-lieu du département de la Louetsi-Bibaka, dans la province de la Ngounié, a été marquée par un incident impliquant un adjudant-chef de la gendarmerie nationale.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès de personnes présentes sur la place de l’Indépendance, le sous-officier, identifié sous le prénom de Freddy, aurait détruit le téléphone portable d’un jeune homme, Diaz Malambani, après l’avoir soupçonné d’avoir filmé la chute et le malaise d’un gendarme.

Les faits se seraient produits peu avant le début du défilé officiel, alors que les autorités administratives, politiques, militaires, traditionnelles et les populations attendaient l’arrivée du préfet de la Louetsi-Bibaka, Albert Mayombo Ifounga.

Un téléphone détruit sur fond de suspicion

D’après les témoignages, un élément de la gendarmerie aurait fait un malaise avant de tomber publiquement et de vomir devant plusieurs personnes. La scène aurait attiré l’attention des participants, certains ayant sorti leurs téléphones pour filmer ou prendre des photographies.
Des rumeurs faisant état d’une éventuelle consommation d’une boisson alcoolisée appelée localement « Mussungu » ou « Zengo » auraient ensuite circulé parmi les personnes présentes, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’en établir la véracité.

C’est dans ce contexte que l’adjudant-chef Freddy aurait aperçu Diaz Malambani avec son téléphone. Soupçonnant le jeune homme d’avoir enregistré la scène, le gendarme aurait pris possession de l’appareil avant de le détruire.

Les circonstances exactes de la destruction du téléphone restent à établir. Aucune information officielle permettant de confirmer que Diaz Malambani avait effectivement filmé la scène n’a été rendue publique.

Une tension qui aurait pu dégénérer

La destruction du téléphone aurait provoqué la colère de plusieurs jeunes présents sur les lieux. Certains auraient voulu s’en prendre physiquement au gendarme, avant l’intervention de personnes présentes qui auraient réussi à empêcher une confrontation.

L’incident aurait ainsi pu prendre une dimension plus grave et perturber davantage une cérémonie nationale organisée à l’occasion de la fête de l’Indépendance.
Plusieurs personnalités présentes au niveau de la tribune officielle ainsi que des responsables de la gendarmerie auraient été témoins de la scène. Le commandant de brigade, Asseko, aurait notamment été informé de l’incident.
Des notables présents auraient également désapprouvé le comportement attribué au sous-officier.
Pour les témoins interrogés, l’affaire pose la question du comportement attendu des agents chargés du maintien de l’ordre et de la protection des personnes et des biens.

Des antécédents évoqués au sein de la brigade

L’incident intervient alors que des informations font état de précédents problèmes au sein de la brigade de gendarmerie de Malinga.
Selon une source bien informée, plusieurs éléments de cette unité auraient récemment fait l’objet de sanctions ou de mesures d’affectation dans le cadre d’une affaire présumée liée à l’exploitation illégale de l’or.

Des personnes soupçonnées d’exploitation aurifère illégale auraient été interpellées par des militaires engagés dans la mission Bayendé avant d’être remises à la gendarmerie pour audition. Leur libération ultérieure aurait suscité des interrogations et une version évoquant une prétendue évasion aurait circulé.
À la suite de cette affaire, une mission de contrôle aurait été dépêchée à Malinga par la hiérarchie de la gendarmerie nationale.
Le colonel Georges Mbimba, chef d’état-major adjoint de la Gendarmerie mobile, aurait ainsi été chargé de procéder aux vérifications nécessaires. Selon la même source, plusieurs éléments de la brigade auraient ensuite été affectés dans d’autres unités.
Le commandant de brigade, Jean-Marie Nkoghe, aurait pour sa part écopé d’une sanction interne de 45 jours. Le nom de l’adjudant-chef Freddy serait également cité parmi les agents concernés par des mesures d’affectation.
Ces informations, qui n’ont pas fait l’objet d’une confirmation officielle au moment de la rédaction, nécessitent d’être vérifiées auprès de la hiérarchie de la gendarmerie.

La nécessité d’une enquête

Le nouvel incident attribué à l’adjudant-chef Freddy soulève donc plusieurs interrogations : Diaz Malambani avait-il effectivement filmé la scène ? Le contenu de son téléphone a-t-il été vérifié avant sa destruction ? Une procédure a-t-elle été engagée ? Le jeune homme a-t-il déposé une plainte ? Des témoins ont-ils été entendus ?
Autant de questions auxquelles une enquête permettrait de répondre.
Si les faits rapportés sont confirmés, la destruction du téléphone d’un citoyen constituerait un comportement susceptible de faire l’objet de mesures appropriées de la part de la hiérarchie compétente. À l’inverse, si certaines accusations sont infondées, une enquête permettrait également de rétablir les faits et de préserver l’honneur de l’agent mis en cause.
L’affaire ne saurait, en tout état de cause, être assimilée à une remise en cause de la gendarmerie nationale dans son ensemble. Elle pose plutôt la question de la responsabilité individuelle des agents et du respect des règles dans l’exercice de leurs fonctions.
À Malinga, les populations attendent désormais que les circonstances exactes de l’incident soient établies. Au-delà du téléphone détruit, l’enjeu porte sur la confiance entre les forces de sécurité et les citoyens et sur la nécessité, pour tout agent public, d’exercer son autorité dans le respect de la loi et des règles professionnelles.

Source Média Express 




Assistant Edu Gabon

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