L’image est désormais familière, presque banale. Des files interminables devant les stations-service, des automobilistes résignés, des jerricans improvisés et cette question qui revient en boucle : comment un pays producteur de pétrole peut-il manquer d’essence ? Après les tensions sur le gasoil, c’est au tour de l’essence de se faire rare dans plusieurs points de distribution. Une pénurie qui, à force de se répéter, cesse d’être un accident pour devenir un symptôme.

Car cette crise n’est pas née dans un désert. Elle s’inscrit dans une série noire qui aurait dû alerter. Dès janvier 2026, le Grand Libreville suffoquait sous une double pénurie d’essence et de gaz butane, attribuée à une consommation exceptionnelle pendant les fêtes et à des défaillances logistiques. Une réunion de crise avait alors été convoquée au ministère du Pétrole et du Gaz, en présence de la SGEPP et des marketeurs. Huit mois plus tard, en août, le gaz butane revenait hanter les mêmes foyers, dans la même ville. Comme si les leçons n’avaient pas été tirées. Comme si l’urgence avait accouché de communiqués, pas de solutions.
Le raffinage national, maillon sensible s’il en est, n’échappe pas à cette dégradation. La production de carburants de la SOGARA a reculé de 15,2 % sur un an au premier trimestre 2026. Un chiffre qui dit tout : équipements vieillissants, pannes électriques à répétition, approvisionnement en brut sous contrainte. La raffinerie, poumon énergétique du pays, bat de l’aile. Et avec elle, c’est toute la chaîne d’approvisionnement qui vacille.
La SGEPP, chargée de l’entreposage, se retrouve au cœur du dispositif et de la tourmente. Elle le rappelait dès janvier : elle n’assure ni la commercialisation ni la distribution directe. Plus récemment, elle a expliqué que les tensions actuelles résultaient des retards d’arrivée des navires alimentant ses dépôts, malgré les efforts de programmation avec la SOGARA. Elle estime, par ailleurs, que les capacités de stockage actuelles permettent de satisfaire la demande nationale, tout en reconnaissant la nécessité de les augmenter pour renforcer la sécurité d’approvisionnement. Autrement dit : le dispositif tient, mais à peine. Et il ne tient que parce que la chance — ou la programmation — veut bien ne pas lui tourner le dos en même temps.
C’est précisément là que le bât blesse. Si les mêmes tensions réapparaissent à plusieurs reprises au cours d’une même année, le problème n’est plus seulement conjoncturel. Il devient structurel. Il interroge la capacité du ministère du Pétrole et du Gaz à anticiper les besoins du marché, à sécuriser durablement les approvisionnements et à piloter une chaîne dont chaque maillon semble fonctionner en vase clos. Les perturbations internationales, les retards maritimes ou la situation au Moyen-Orient peuvent naturellement affecter le marché. Mais ils ne suffisent pas à eux seuls à expliquer pourquoi un choc extérieur finit par se traduire par une rupture visible à la pompe. Un pays qui ne dispose pas de stocks de sécurité suffisants, de seuils d’alerte clairs, d’une programmation robuste des importations et d’une coordination effective entre SOGARA, SGEPP, marketeurs et administration ne peut pas s’étonner de subir ce que d’autres anticipent.

Le Gabon, pourtant, ne part pas de rien. Des investissements existent, destinés à renforcer les infrastructures énergétiques. La SGEPP a inauguré en avril son centre emplisseur de gaz à Port-Gentil, tandis qu’un autre est en cours de réalisation à Moanda. Le problème n’est donc pas l’absence de projets. Il est désormais de savoir si leur planification, leur exploitation et leur coordination permettent réellement de prévenir les ruptures. Car une infrastructure qui ne s’intègre pas dans une stratégie globale n’est qu’un îlot dans un océan d’imprévoyance.
À l’approche d’un prochain remaniement gouvernemental, le dossier de l’Aval pétrolier et gazier mérite d’entrer dans l’évaluation de l’action gouvernementale. Les difficultés successives enregistrées depuis janvier, ajoutées aux contraintes du raffinage et aux tensions récurrentes sur les produits pétroliers, offrent suffisamment de matière pour une analyse objective des résultats, des insuffisances et des responsabilités institutionnelles. Les plus hautes autorités pourront ainsi apprécier la situation sur la base des faits et prendre, le moment venu, les décisions qu’imposeront l’intérêt national et la nécessité de garantir durablement l’approvisionnement du pays.
Car gouverner un secteur stratégique, ce n’est pas seulement réagir lorsque les stations sont à sec. C’est surtout avoir prévu ce qui pouvait les mettre à sec. Et à ce jeu-là, force est de constater que l’anticipation, au Gabon, reste encore une denrée plus rare que l’essence.

Probably not useful to most people here since there aren’t many folks from Belarus, but figured I’d share it anyway.
We recently renovated an older place and the ceiling turned out to be more work than expected. I found this page about ceiling repair while looking at different options, and it helped us understand the basics.
If anyone’s interested, I can share more about the renovation and the kitchen work we DIY’d.
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