Couvre-feu: Dérapages nocturnes de la Garde Républicaine

Le couvre-feu, instauré après le coup d’État du 30 août 2023, dure désormais sans fin. Initialement mis en place pour des raisons de sécurité, son extension successive et son maintien sans levée concrète révèlent un climat de restriction constante. Les autorités de la transition ont multiplié les prolongations et les ajustements des heures du couvre-feu, mais il persiste sans solution définitive, mettant en péril la liberté de circulation des citoyens.

Cette situation, déjà pénible, est aggravée par les abus des forces de l’ordre, qui, loin de garantir la sécurité, entretiennent le chaos. Malgré les textes législatifs régissant le couvre-feu, certains agents de sécurité et de l’ordre profitent de leur statut pour semer la terreur, maltraitant les civils qui enfreignent l’interdiction de circuler. Les abus sont multiples : torture, violences physiques, traitements inhumains, tout cela dans l’impunité la plus totale.

Le 16 novembre dernier, lors de l’élection référendaire, le couvre-feu a été étendu à 24 heures, mais contrairement aux précédentes périodes où il se terminait à 2 heures, il n’a pas été levé. Depuis, toute personne prise en violation du couvre-feu subit des traitements cruels, allant des coups de pied aux gifles, en passant par des humiliations physiques et des actes de torture, comme le fait de se voire déverser de l’eau sale de la fontaine du rond-point de Nzeng Ayong.

Le 27 novembre 2023, vers minuit, plusieurs personnes, interpellées pour avoir violé le couvre-feu, se retrouvaient au rond-point de Nzeng-Ayong, un quartier du 6e arrondissement de Libreville. Parmi elles, Achile Patrick Dindoumou, journaliste et directeur de publication du *Scarabée*, revenait d’un reportage. Malgré sa présentation à l’officier de permanence, un jeune lieutenant de la garde républicaine, ce dernier a refusé de le libérer. Pire encore, le lieutenant a ordonné à ses hommes de deverser de l’eau sale aux interpellés, puisée à même un seau de beurre.

Ces agissements des forces de l’ordre, après le coup d’État et la mise en place du couvre-feu, dénotent un non-respect total des droits de l’homme et mettent en évidence l’absence de garantie pour la sécurité des citoyens. Ainsi, la situation semble se transformer en un véritable chemin vers le désordre, où les droits fondamentaux sont bafoués, au nom de la transition.



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