Ce mercredi 20 août 2025, l’École nationale de la magistrature a accueilli la cérémonie de clôture d’un atelier de formation d’envergure consacré à un thème d’actualité : « L’extradition comme moyen efficace de la coopération judiciaire ». Pendant trois jours, magistrats, experts juridiques nationaux et internationaux se sont engagés avec ardeur dans des échanges riches et constructifs, témoignant de l’importance cruciale de cette procédure dans la lutte contre la criminalité transnationale.

À la tête de ces travaux, Mme Sidonie Flore Ouwé a souligné dès ses premiers mots la portée stratégique de l’extradition. « Loin d’être une simple procédure technique », cette mesure s’impose comme « un instrument au service de la justice, de la sécurité et de la lutte contre l’impunité ». Elle a rendu hommage à la contribution financière du ministère italien des Affaires étrangères sans laquelle cette rencontre n’aurait pu voir le jour, saluant la qualité des interventions qui ont su tisser un pont entre théorie et pratique, droit national et droit international.

Dans son rapport, Mme Aymone Zikoko, procureure adjointe à Ntoum, a rappelé le profil prestigieux de l’assistance, rassemblant des spécialistes venus notamment de la Scuola Superiore Sant’Anna de Pise. L’objectif affiché de cet atelier était clair : renforcer les compétences des magistrats dans la maîtrise des mécanismes d’extradition et promouvoir une coopération renforcée entre États, gage d’efficacité dans la lutte contre les crimes dépassant les frontières. Pourtant, face aux défis évoqués — lenteur administrative, disparités législatives, moyens limités —, il a été convenu qu’il demeure nécessaire d’allier rigueur judiciaire et respect scrupuleux des droits fondamentaux, en particulier l’interdiction des extraditions à caractère politique.

La rapporteure générale Aymone a insisté sur la confiance comme socle de cette coopération, mettant en avant l’importance d’outils numériques modernes et d’une communication plus directe entre magistrats pour accélérer les procédures. Le constat a été unanime : l’extradition doit être perçue non comme une contrainte, mais comme un levier indispensable pour garantir une justice transfrontalière rapide et efficace.
En clôture, la conseillère des affaires étrangères de l’ambassade d’Italie a exprimé son enthousiasme, félicitant les participants pour leur engagement et voyant dans cette formation « le premier pas vers une collaboration continue entre l’Italie et le Gabon ». Elle nourrit l’espoir de multiplier ce type d’initiatives, au-delà même des frontières gabonaises, avec la volonté affichée d’approfondir ce partenariat fructueux.

Pierre Ndong Aboghe, Directeur Général de l’École nationale de la Magistrature, n’a pas manqué de remercier chaleureusement l’ensemble des acteurs ayant rendu cette session possible. Il a qualifié cette coopération bilatérale d’« exemple de coopération intelligente et ciblée » et a rappelé, citant Montesquieu, que « les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires ». Selon lui, ce rendez-vous a révélé des magistrats prêts à embrasser pleinement leur rôle de piliers de la coopération judiciaire internationale, « un véritable instrument de solidarité entre États ».

Enfin, le discours de clôture, prononcé au nom du ministre de la Justice empêché, a synthétisé l’esprit de ces trois jours : dans un monde où criminalité organisée, corruption et terrorisme ne connaissent pas de frontières, l’extradition est un outil indispensable pour garantir la sécurité et la justice. Le représentant ministériel a chaleureusement remercié le ministère italien des Affaires étrangères pour son appui, symbole de la vitalité des liens entre les deux pays, avant de lancer un appel aux magistrats : « L’atelier s’achève, le véritable travail commence. »

Lors de la cérémonie, chaque magistrat a reçu un parchemin attestant de sa participation assidue à l’atelier de formation consacré à l’extradition et à la coopération judiciaire internationale. La remise des attestations a été assurée par les experts de la Scuola Superiore Sant’Anna de Pisa, Lorenzo Gasbari, le directeur général de l’école nationale de la magistrature et Jean Bedel Moundounga, aux côtés de la représentante de l’ambassadeur d’Italie.

À la fin de cette rencontre, un engagement ferme a été pris : celui de traduire les enseignements acquis dans la pratique quotidienne, afin de bâtir une justice plus rapide, plus efficace, et pleinement respectueuse des droits humains. Un message porteur d’espoir, qui augure une coopération judiciaire internationale renforcée, indispensable face aux enjeux complexes de notre époque.
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