La société civile gabonaise engagée dans la transparence des industries extractives se trouve à un tournant décisif. Réunis samedi 25 octobre, les membres de l’ITIE-Gabon ont entamé leur mue institutionnelle, conscients que le temps presse et que les enjeux dépassent largement les questions de mandats.

Guy Mombo ne mâche pas ses mots. Le point focal du collège de la société civile à l’ITIE dresse un constat sans détour : « Nous courons une suspension d’ici décembre si le Gabon n’a pas publié son rapport 2023. » Derrière cette échéance administrative se profile une menace bien réelle pour un pays qui, malgré sa validation, pourrait voir ses efforts de transparence remis en question.
Pourtant, l’heure n’est pas au pessimisme mais à la restructuration. Avec six postes à pourvoir et des élections prévues le 22 novembre, le collège entame sa transformation. Plus qu’un simple renouvellement de bureau, c’est toute l’architecture de la participation citoyenne qui se redessine. La nouvelle norme internationale 2023 impose son lot d’adaptations, notamment sur les conflits d’intérêts et les personnes politiquement exposées.

« Nous voulons placer les communautés au centre », martèle Guy Mombo. Cette ambition traduit un changement de paradigme : ne plus seulement observer et rapporter, mais impliquer directement les bénéficiaires dans le suivi des retombées extractives. Une approche qui pourrait transformer radicalement l’impact local de cette gouvernance.
Le Dr Placide Obiang Nzé, de Brain Forest, voit dans cette rencontre bien plus qu’une formalité électorale. C’est l’occasion de rassembler, d’expliquer, de préparer ceux qui porteront demain la voix de la société civile. Le Dr Marcelin Zenghi, secrétaire exécutif de l’ITIE, a d’ailleurs été salué pour la clarté de ses explications sur un processus qui doit gagner en fluidité.

Parmi les ajustements attendus, correction qui peut sembler anodine mais qui révèle des dysfonctionnements concrets : permettre enfin aux suppléants de siéger effectivement en l’absence des titulaires. Ces détails pratiques, souvent négligés, conditionnent pourtant l’efficacité de toute l’initiative.

Un comité d’organisation, fraîchement élu, prend désormais les rênes du processus. À lui de conduire la transition, sous le regard d’une société civile qui sait que la transparence dans les industries extractives n’est pas qu’une question de rapports, mais un levier essentiel du développement local. Entre urgence administrative et ambitions de fond, l’ITIE-Gabon entame sa métamorphose.
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