Le paysage judiciaire gabonais est secoué par une affaire inédite. Le Tribunal de Première Instance de Libreville a pris une décision forte en suspendant provisoirement la Juge d’instruction des enfants du 2ème Cabinet, Madame NDONGO NGOSSA Leïla Charlène épouse LEYIGUI, impliquée dans l’épineuse « affaire du petit Warren ».
L’ordonnance de suspension, signée ce jour par le Président du Tribunal, Jean Gaël DOUMBENENY, fait suite à une requête de dessaisissement émanant du ministère public et de Maître KIÉLEY HOUNDI. La magistrate est écartée de ses fonctions pour une période de trois (03) mois, avec effet immédiat dès notification.
Le motif principal invoqué est un « manquement aux convenances de son état et à la délicatesse de sa fonction ». Les griefs sont sérieux et pointent des irrégularités majeures dans la conduite de la procédure, qui oppose P.R. à PANGO LOUNGOU Warren Aaron et autres, une affaire particulièrement sensible impliquant des mineurs.
Plusieurs points de non-conformité à la procédure ont été soulevés contre la Juge NDONGO NGOSSA :
Absence des Parents : Il lui est reproché de ne pas avoir respecté la présence obligatoire des parents de la victime et des mis en cause lors de certaines étapes importantes de la procédure, une obligation fondamentale dans les affaires de mineurs.
Ordonnance Insolite : Un autre fait marquant concerne une ordonnance de placement délivrée pour l’un des mis en cause, qui aurait été assortie d’une surprenante mention de coupure d’électricité. L’ordonnance présidentielle souligne que cette « saisie » n’était pas une obligation légale, la Juge pouvant opérer manuellement.
Pour le Président DOUMBENENY, la « gravité des faits et la perturbation sociale qu’ils occasionnent » justifient pleinement cette mesure. Il insiste sur le fait que la Juge d’instruction, eu égard à la nature sensible de ses fonctions, se devait de faire preuve d’un « professionnalisme soutenu » et d’une application irréprochable des règles de procédure.
Cette suspension, conforme à l’article 150 du statut des magistrats, est perçue comme un signal fort de l’engagement des autorités judiciaires à préserver l’intégrité du corps et à garantir la bonne application du droit, particulièrement lorsque des droits des mineurs sont en jeu. L’affaire devrait désormais être reprise par un autre magistrat instructeur.
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