C’est dans une atmosphère de volonté partagée que l’École nationale de la magistrature a ouvert, ce mercredi, un atelier de formation dédié aux relations entre magistrats et huissiers de justice dans l’exécution des décisions. Soutenue par le PNUD et le Japon, cette rencontre dépasse la technique pure pour toucher à l’essence même de la crédibilité judiciaire.

Sidonie Flore Ouwè, directrice de la formation continue, a planté le décor avec une évocation puissante : « La justice n’existe réellement que lorsqu’elle devient effective, lorsqu’elle dépasse la plume du juge pour se matérialiser dans la vie du citoyen. »

Puisant dans la sagesse ancestrale, elle a convoqué un proverbe wolof pour en faire le socle éthique de la rencontre : « Le travail d’une main ne peut se faire sans l’autre, surtout lorsqu’on dispose des deux mains. » Une image qui résume l’esprit de la journée : harmoniser la rigueur du magistrat et la technicité de l’huissier. Son propos, émaillé des références à Senghor et à Cheikh Anta Diop, a inscrit d’emblée les débats techniques dans une trajectoire civilisationnelle, rappelant que « l’avenir appartient à ceux qui ont la mémoire longue ».
Le directeur de l’ENM, Armand Nyebe, a salué l’appui du Président du Conseil supérieur de la Magistrature, du PNUD et du Japon, rappelant que « l’exécution des décisions de justice constitue le dernier maillon de la chaîne judiciaire, celui sans lequel la justice resterait théorique ».

Son invitation était claire et tournée vers l’action : « Je vous invite à participer activement, à questionner, à débattre. C’est de la qualité de vos échanges que dépendra la portée réelle de cet atelier. » a-t-il déclaré.
Un constat partagé par Rokya Ye-Dieng, représentante résidente du PNUD, pour qui « une décision de justice qui n’est pas exécutée est une décision inachevée ».

Elle a élargi le champ des enjeux au-delà du prétoire : « L’exécution des décisions n’est pas seulement un enjeu technique, c’est également un enjeu démocratique, un enjeu économique, un enjeu de confiance publique. » Un rappel que la crédibilité de l’État de droit se joue dans ce dialogue entre la robe et la saisie.
Paul Marie Ngondjout, ministre de la Justice en intérim, a insisté sur l’urgence de l’action : « Une justice qui décide sans être exécutée n’est que promesse sans lendemain. »

Dans la lignée de la vision du chef de l’État, il a placé cet atelier sous le signe d’une réforme profonde : « Ayons toujours à l’esprit qu’une justice crédible est celle qui juge bien, juge vite et exécute ce qu’elle juge. »

L’atelier se veut donc un espace pour dénouer les incompréhensions, clarifier les rôles et, pas à pas, comme le veut une sagesse africaine citée, maîtriser les défis les plus complexes. Car, comme le concluait Sidonie Flore Ouwè en reprenant Senghor, tout commence par « la connaissance et le respect de l’autre ». La route est encore longue, mais deux mains, désormais, travaillent de concert.
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