L’Assemblée Générale est convoquée demain. Il est temps de briser le silence complice et de dénoncer la mascarade d’un dialogue social mort-né.
Dans les couloirs feutrés du ministère du Pétrole et du Gaz, la poudre a parlé lors des élections professionnelles du 28 avril dernier. Le verdict des urnes fut pourtant sans équivoque : le SYNAHYDRO, de ses deux lettres de noblesse syndicale, a triomphé avec 65 % des suffrages, arrachant 6 sièges sur 10. Une majorité écrasante, un mandat clair. Mais que pèse la volonté populaire face à l’obstination des autorités ? La réponse est un scandale : l’Administration persiste à accorder le privilège du dialogue à une minorité. Le SAMPHER, certes présent, mais réduit à une portion congrue avec ses 4 délégués, est érigé en interlocuteur privilégié au mépris de la représentativité la plus élémentaire .
Ce déni de démocratie n’est que la partie émergée de l’iceberg. Derrière ce mépris des urnes se cache un climat délétère où l’arbitraire règne en maître. Les décisions unilatérales pleuvent, piétinant les quelques acquis sociaux qui subsistent comme des miettes jetées aux chiens. L’absence de dialogue social n’est pas un oubli, c’est une méthode. Les intimidations et l’atmosphère de menace permanente ne sont pas des accidents, ce sont des outils de gestion . Plusieurs tentatives de rapprochement ont échoué, se brisant sur le mur de la mauvaise foi administrative.

Face à ce mépris institutionnel, une seule réponse digne est possible. La grève n’est pas un caprice, elle est le recours ultime de la dignité bafouée. Le préavis qui sera déposé n’est pas l’initiative d’un syndicat isolé ou d’un groupe de travailleurs égarés. Non. Il est le fruit de la légitimité même, porté par le collège des délégués élus. Ceux-là mêmes que l’on cherche à museler. Ce sont les militants de la base, ayant choisi ces élus pour défendre l’intérêt collectif, qui mènent cette action. En les réduisant au silence, l’Administration ne combat pas un syndicat, elle insulte la démocratie.
Ce matin, à 9h30, l’Assemblée Générale sonnera comme un avertissement. Les agents ne sont pas des figurants dans une pièce écrite par la peur. Ce mouvement est la révolte des damnés de l’institution, un cri de colère contre la forfaiture d’un dialogue social transformé en façade. L’heure de la soumission est révolue ; celle de la riposte a sonné. Si l’Administration persiste dans son déni, qu’elle assume les conséquences de son arrogance. Le monde du pétrole et du gaz ne s’est jamais arrêté pour un caprice. Mais pour une question de principe et de justice sociale, il pourrait bien s’embraser.
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