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	<title>régularisation &#8211; Gabon Info</title>
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		<title>Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimmy MANDOUKOU]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 19:00:05 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le vendredi 26 juin 2026 restera marqué comme une date charnière dans la politique d&rsquo;aménagement de la capitale gabonaise. Ce jour-là, sous un ciel de saison des pluies menaçant, les engins du génie militaire sont entrés en action sur deux fronts : le Lac Bleu, dans le 1er arrondissement, et la Baie des Cochons, dans le 3e. L&rsquo;opération de marquage et de démolition, placée sous l&rsquo;égide du ministre des Travaux publics, visait à faire tomber des installations érigées illégalement sur le domaine communal. Derrière la détermination affichée des autorités se cache une réalité plus nuancée, où l&rsquo;impératif de l&rsquo;ordre urbain se heurte aux fragilités humaines.</strong></p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-39074" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672727655-300x200.jpg" alt="FB IMG 1782672727655" width="300" height="200" title="Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social 7" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672727655-300x200.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672727655-1024x682.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672727655-768x512.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672727655.jpg 1280w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>À la Baie des Cochons, les signes avant-coureurs du déguerpissement étaient visibles depuis plusieurs jours. Des portes arrachées de leurs gonds, des grilles découpées à la scie, des tôles soigneusement démontées : entre le carrefour Léon-Mba et ce quartier stratégique, une cinquantaine d&rsquo;occupants s&rsquo;activaient pour récupérer ce qui pouvait encore l&rsquo;être. L&rsquo;ambiance sur le terrain n&rsquo;était ni à la colère ouverte ni à la résignation totale. Beaucoup disaient comprendre les enjeux du projet. « Ça nous dérange, mais on nous a expliqué. Nous sommes d&rsquo;accord avec ce qu&rsquo;on nous a dit », confiait l&rsquo;un d&rsquo;eux.</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-39075" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672730311-300x200.jpg" alt="FB IMG 1782672730311" width="300" height="200" title="Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social 8" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672730311-300x200.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672730311-1024x682.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672730311-768x512.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672730311.jpg 1280w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /> <img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-39076" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672742876-300x200.jpg" alt="FB IMG 1782672742876" width="300" height="200" title="Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social 9" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672742876-300x200.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672742876-1024x682.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672742876-768x512.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672742876.jpg 1280w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Cette relative accalmie sociale trouve son explication dans une approche qui, cette fois, a privilégié la concertation. Dès le 19 juin, la gouverneure de l&rsquo;Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, avait convié les populations impactées à des consultations publiques. Le ministre du Logement, Mays Mouissi, s&rsquo;était lui-même rendu sur place pour expliquer les enjeux. Une démarche salutaire qui a permis aux occupants de récupérer leurs matériaux — tôles, fenêtres, portes — avant l&rsquo;arrivée des engins. Ce geste, bien que minimal, a le mérite d&rsquo;exister.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Rien de tel au Lac Bleu, où le contraste est saisissant. Selon des informations recueillies en novembre 2025, les riverains affirmaient avoir été pris de court par une procédure de déguerpissement menée sans information préalable. Une opacité qui nourrit la défiance et jette une ombre sur la légitimité même de l&rsquo;action publique. Comment justifier une politique de régularisation lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;exerce dans l&rsquo;arbitraire des calendriers et le silence des administrations ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-39077" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672724621-300x200.jpg" alt="FB IMG 1782672724621" width="300" height="200" title="Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social 10" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672724621-300x200.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672724621-1024x682.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672724621-768x512.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672724621.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;opération s&rsquo;inscrit dans la droite ligne de la vision de Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place l&rsquo;urbanisation et l&rsquo;amélioration du cadre de vie au cœur de son action. Le 3 juin 2026, le Président de la République recevait le maire de Libreville, Eugène Mba, pour définir les priorités de la transformation de la capitale : réorganisation de l&rsquo;espace urbain, lutte contre l&rsquo;occupation anarchique du domaine public, assainissement. « La salubrité constitue une exigence majeure pour toute capitale moderne », avait-il insisté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette volonté politique est louable et nécessaire. Libreville, vitrine du Gabon, étouffe sous le poids d&rsquo;une urbanisation sauvage qui grignote chaque jour un peu plus ses espaces publics. Les constructions anarchiques obstruent les voies, bloquent l&rsquo;écoulement des eaux et défigurent un patrimoine qui pourrait être autrement valorisé. Dans cette perspective, l&rsquo;opération du 26 juin répond à une urgence indéniable.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Reste que l&rsquo;exécution pèche par certains angles morts. Si la Baie des Cochons a bénéficié d&rsquo;un dialogue en amont, le Lac Bleu semble avoir été traité avec une célérité qui confine à la brutalité. Cette disparité dans le traitement des sites interroge : repose-t-elle sur des contraintes techniques objectives ou sur un choix délibéré des autorités ? L&rsquo;absence de réponse claire alimente les spéculations et fragilise la confiance des citoyens.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au-delà de la procédure, c&rsquo;est la question de l&rsquo;accompagnement des populations déguerpies qui demeure en suspens. Les occupants de la Baie des Cochons, bien que sensibilisés, n&rsquo;en restent pas moins confrontés à une perte sèche. Certains continuaient de s&rsquo;interroger sur les limites exactes de l&#8217;emprise ou sur les critères retenus pour déterminer les constructions concernées. Une habitante, munie de documents administratifs relatifs à son terrain, peinait à comprendre pourquoi seul un côté de la voie était visé. Ces zones d&rsquo;ombre, si elles persistent, risquent de transformer une opération de régularisation en source d&rsquo;injustice perçue.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-39079" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672722274-300x200.jpg" alt="FB IMG 1782672722274" width="300" height="200" title="Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social 11" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672722274-300x200.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672722274-1024x682.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672722274-768x512.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672722274.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le gouverneur a promis un départ « en toute dignité ». Mais que signifie cette dignité sans solution de relogement, sans indemnisation à la hauteur des préjudices subis ? Les autorités évoquent la possibilité pour les occupants de récupérer leurs biens. C&rsquo;est un premier pas, mais il est insuffisant. L&rsquo;État gabonais, qui engage des moyens considérables pour ces opérations, pourrait utilement consacrer une part de ce budget à des mesures d&rsquo;accompagnement social dignes de ce nom.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;opération de marquage et d&rsquo;assainissement du 26 juin 2026 marque une étape importante dans la refondation de Libreville. Elle témoigne d&rsquo;une volonté politique affirmée de restaurer l&rsquo;ordre urbain et de rendre à la capitale son visage de métropole moderne. Les autorités peuvent légitimement s&rsquo;enorgueillir d&rsquo;avoir, à la Baie des Cochons, privilégié le dialogue et la prévention.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-39078" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672737973-300x200.jpg" alt="FB IMG 1782672737973" width="300" height="200" title="Libreville sous le signe de la régularisation : entre nécessité urbaine et coût social 12" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672737973-300x200.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672737973-1024x682.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672737973-768x512.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/06/FB_IMG_1782672737973.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Mais pour que cette politique porte tous ses fruits, elle doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;une refonte en profondeur des mécanismes de concertation et d&rsquo;indemnisation. La régularisation ne saurait être un one-shot médiatique ; elle doit s&rsquo;inscrire dans une stratégie de long terme où les populations ne sont pas de simples variables d&rsquo;ajustement, mais des partenaires à part entière de la transformation urbaine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le maire de Libreville a réaffirmé sa détermination à poursuivre ces actions. Puise-t-il dans cette première phase les enseignements nécessaires pour que les prochaines opérations soient plus justes, plus transparentes et plus humaines ? C&rsquo;est à cette condition que la « ville moderne » tant souhaitée par le Président de la République deviendra autre chose qu&rsquo;un slogan, et que les habitants de Libreville pourront, légitimement, y trouver leur place.</p>
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		<item>
		<title>À l&#8217;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024</title>
		<link>https://gabon-info.com/2026/04/16/a-lhorloge-de-la-republique-les-aiguilles-du-tresor-sont-restees-bloquees-sur-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimmy MANDOUKOU]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 07:31:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils sont les sentinelles des caisses, les gardiens discrets du nerf de l&#8217;État. Chaque mois, sous leurs écrans et leurs parapheurs, passent les salaires des fonctionnaires, les dotations des hôpitaux,&#8230; </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ils sont les sentinelles des caisses, les gardiens discrets du nerf de l&rsquo;État. Chaque mois, sous leurs écrans et leurs parapheurs, passent les salaires des fonctionnaires, les dotations des hôpitaux, les primes des militaires et les budgets des écoles. Ce sont eux qui, depuis trois ans, dans l&rsquo;ombre des cabinets et la solitude des guichets, permettent à la machine gabonaise de tourner sans hoquet, malgré les soubresauts de l&rsquo;histoire. Pourtant, ce mercredi 15 avril, dans une salle bondée de Libreville, les agents des Régies Financières et Administrations Assimilés (IRFAA) ont cessé d&rsquo;être les comptables patients de la transition. Ils sont devenus, brutalement, les chroniqueurs amers d&rsquo;un temps suspendu.</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37621" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210044-300x168.jpg" alt="Screenshot 20260416 210044" width="300" height="168" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 20" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210044-300x168.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210044-1024x573.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210044-768x430.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210044.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Car il y a quelque chose de profondément ironique, presque philosophique, dans la colère qui monte aujourd&rsquo;hui des services de la DGDI, du Trésor ou des Marchés publics. Ceux dont le métier est de compter les jours, d&rsquo;aligner les colonnes de chiffres et de faire coïncider les échéances se retrouvent piégés dans un calendrier qui n&rsquo;en finit plus de se répéter. « Ce qu&rsquo;on nous a prévu, on va directement tomber en 2026 », a lancé Sima Meyo, président du syndicat de la DGDI, avec l&rsquo;air las de celui qui feuillette un agenda sans avenir. « Le 26 février 2026, nous sommes convoqués à Arambo pour une réunion de prise de contact. » Le terme est lâché, cruel dans sa banalité administrative : prise de contact. Comme si rien n&rsquo;avait été dit, écrit, promis pendant ces trente-six mois de sacrifices silencieux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le récit de Sima Meyo est celui d&rsquo;une boucle temporelle kafkaïenne. On y parle de convocations au ministère de la Fonction publique, de « cadrage », de régularisations « au compte-gouttes », d&rsquo;une administration qui propose de recommencer à zéro alors que les piles de dossiers s&rsquo;entassent depuis la Transition. « Nous avons déjà fait notre cadre de discussion. Nous attendons l&rsquo;application des résolutions, des recommandations, et non de recommencer un autre dialogue. » La phrase est dite sans éclat de voix, presque comme une évidence mathématique. Mais elle contient toute la charge explosive d&rsquo;une patience à bout de souffle. Le 15 du mois, ce chiffre qui devrait rythmer la vie de tout fonctionnaire, est devenu le symbole d&rsquo;une attente perpétuelle et, désormais, le point de bascule d&rsquo;un rapport de force.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37616" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368532180-300x173.jpg" alt="1776368532180" width="300" height="173" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 21" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368532180-300x173.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368532180-1024x592.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368532180-768x444.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368532180-1536x888.jpg 1536w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368532180.jpg 1788w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37615" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260415_112803-300x175.jpg" alt="IMG 20260415 112803" width="300" height="175" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 22" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260415_112803-300x175.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260415_112803-1024x597.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260415_112803-768x447.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260415_112803-1536x895.jpg 1536w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_20260415_112803.jpg 1742w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Judicaël Mbadinga Bissagou, le porte-parole de l&rsquo;IRFAA, a, lui, choisi l&rsquo;arme du récit national pour frapper les esprits. Il a convoqué la mémoire récente du pays, ce temps où le slogan « Le 12, c&rsquo;est le 12 » résonnait comme une promesse de renaissance. « Nous avons accompagné celui qu&rsquo;il fallait accompagner. Nous l&rsquo;avons même aidé à s&rsquo;asseoir », rappelle-t-il, évoquant sans ambages le rôle joué par les agents des finances dans la stabilisation post-coup d&rsquo;État. « Et comme lorsqu&rsquo;un enfant naît, il faut laisser l&rsquo;enfant apprendre à faire ses premiers pas. Nous avons été observateurs, patients, jusqu&rsquo;en décembre 2025. » Mais l&rsquo;enfant a grandi, et la nourrice, elle, semble n&rsquo;avoir reçu pour tout salaire qu&rsquo;un miroir lui renvoyant l&rsquo;image de son propre dénuement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est ici que le discours se mue en un réquisitoire implacable contre ce que le porte-parole nomme un « deux poids, deux mesures » d&rsquo;État. Pendant que les « mamelles de l&rsquo;État » s&rsquo;épuisent à produire la manne qui abreuve le pays, le festin des avantages sociaux semble se dérouler à d&rsquo;autres tables. Mbadinga Bissagou énumère avec une précision de greffier : les voitures neuves pour le ministère des personnes à mobilité réduite, « ils ont même paradé avec Oskar » ; les primes tous azimuts pour les enseignants, « ceux qui nous ont appris à lire et à écrire » ; les égards pour les personnels de santé ; et, sans s&rsquo;y appesantir mais en pesant chaque mot, le traitement royal réservé aux « corps habillés ». « Tous ces efforts financiers, nous n&rsquo;avons rien contre. Mais ceux qui les produisent sont ici présents. Paradoxe : nous devenons les cordonniers mal chaussés. »</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37617" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368428989-300x178.jpg" alt="1776368428989" width="300" height="178" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 23" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368428989-300x178.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368428989-1024x608.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368428989-768x456.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368428989-1536x912.jpg 1536w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368428989.jpg 1640w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37619" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368827983-300x176.jpg" alt="1776368827983" width="300" height="176" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 24" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368827983-300x176.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368827983-1024x599.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368827983-768x449.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368827983-1536x899.jpg 1536w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368827983.jpg 1716w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>L&rsquo;image est parlante, mais c&rsquo;est une anecdote, presque surréaliste, qui est venue incarner le fossé entre les discours officiels et la réalité du terrain. Alors qu&rsquo;un ministre délégué semblait enfin tendre l&rsquo;oreille et promettre un compte-rendu fidèle, une voix off, un « hibou » selon les termes moqueurs du syndicaliste, s&rsquo;est emparé du micro pour rappeler l&rsquo;existence d&rsquo;un hypothétique « arrêté de questions depuis le 12 ». Dans la salle, le mélange de consternation et de colère a été palpable. « Voilà comment un hibou arrache le micro et fait capoter une avancée », a résumé Mbadinga Bissagou, dépité. Une scène de théâtre d&rsquo;ombres où l&rsquo;on comprend que la décision politique est peut-être moins bloquée par une volonté contraire que par une inertie devenue folle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37618" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368623310-300x171.jpg" alt="1776368623310" width="300" height="171" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 25" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368623310-300x171.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368623310-1024x582.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368623310-768x437.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368623310-1536x873.jpg 1536w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/1776368623310.jpg 1896w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Face à cette mécanique grippée, l&rsquo;Assemblée Générale a tranché dans le vif du calendrier. La base s&rsquo;est prononcée de manière « unanime et solennelle » pour deux exigences claires : le respect absolu du 15 de chaque mois pour le virement des accessoires de solde, et la signature immédiate d&rsquo;un arrêté conjoint entre les ministères de l&rsquo;Économie, du Budget et du Pétrole. Plus question de « cadrage » ou de « prise de contact ». « Nous disons 2026, tous les agents des régies financières feront l&rsquo;objet de régularisations », a martelé le président Sima Meyo. Et pour donner du poids à cette déclaration, l&rsquo;arme ultime a été brandie : le dépôt, « dès aujourd&rsquo;hui », d&rsquo;un préavis de grève.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-37620" src="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210158-300x166.jpg" alt="Screenshot 20260416 210158" width="300" height="166" title="À l&#039;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024 26" srcset="https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210158-300x166.jpg 300w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210158-1024x568.jpg 1024w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210158-768x426.jpg 768w, https://gabon-info.com/wp-content/uploads/2026/04/Screenshot_20260416-210158.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Dans les couloirs des ministères, on a beau jeu de vanter les performances de recouvrement et les excédents budgétaires. Mais pendant que les communiqués célèbrent les vertus de la rigueur, les comptables de cette rigueur menacent de débrayer. C&rsquo;est toute l&rsquo;ambiguïté d&rsquo;un État qui se gargarise de ses chiffres tout en oubliant ceux qui les font. Le message des agents des régies financières est simple : on ne bâtit pas une maison en oubliant de payer les maçons, surtout quand ce sont eux qui tiennent la truelle et la caisse à outils. À l&rsquo;horloge de la République, les aiguilles du Trésor sont restées bloquées sur 2024. Il est temps, disent-ils, de remettre la machine à l&rsquo;heure. Ou de la laisser s&rsquo;arrêter.</p>
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