Dans une déclaration solennelle, les partis politiques membres de l’Appel d’Angondjé ont réitéré leur soutien à la transition en cours au Gabon, tout en exprimant leurs préoccupations et leurs attentes quant à son déroulement et à son issue.

Ces partis se sont d’abord félicités des avancées réalisées depuis le 30 août 2023, sous l’égide du Comité de transition et de restauration des institutions (CTRI) et de son président, le Général de brigade Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Ils ont cependant regretté que certaines décisions aient été prises sans concertation préalable avec les acteurs politiques, ce qui a suscité des incompréhensions et des doutes.
Parmi les points de préoccupation, les partis membres de l’Appel d’Angondjé ont évoqué la question de la suspension des partis politiques et de l’éligibilité des Gabonais nés de père ou de mère étrangers, ainsi que le retour de l’organisation des élections politiques au ministère de l’Intérieur. Ils ont rappelé que ces questions étaient sensibles et qu’elles avaient été à l’origine de nombreuses crises et violences dans le passé.

Face à ces enjeux, les partis membres de l’Appel d’Angondjé ont appelé le président de la transition à davantage de courage et de concertation. Ils ont estimé que la réussite de la transition et la restauration de la dignité des Gabonais nécessitaient des mesures fortes et justes, ainsi qu’un dialogue permanent avec les citoyens et leurs représentants.
En outre, les partis membres de l’Appel d’Angondjé ont invité le président de la transition à œuvrer pour l’équilibre des contre-pouvoirs et pour le renforcement de la souveraineté populaire. Ils ont suggéré de doter le Gabon d’un système de gouvernance plus proche de ses réalités sociales et culturelles, et de soustraire le chef de l’exécutif de la charge de présider le conseil supérieur de la magistrature et de nommer les magistrats.
Les partis membres de l’Appel d’Angondjé ont en définitive réaffirmé leur engagement à être au service des Gabonais et de la république. Ils ont appelé le président de la transition à convoquer dans les meilleurs délais une réunion avec les responsables des partis politiques pour évacuer les incompréhensions et préserver la sérénité de la transition. Ils ont espéré que cette circonstance historique permettra au Gabon de s’élever vers la félicité.

Cette déclaration des partis membres de l’Appel d’Angondjé témoigne de leur volonté de s’inscrire dans la dynamique de la transition, tout en veillant à ce qu’elle respecte les principes démocratiques et les aspirations profondes des Gabonais. Elle montre également leur souci de préserver l’unité et la cohésion nationales, en évitant les écueils du passé et en proposant des solutions adaptées aux défis actuels.
Cependant, cette déclaration laisse aussi transparaître une certaine méfiance vis-à-vis du pouvoir en place, et notamment du CTRI et de son président. Les partis membres de l’Appel d’Angondjé craignent que la transition ne soit détournée de son objectif initial, et qu’elle ne serve de prétexte à une nouvelle confiscation du pouvoir par une élite politique et militaire. Ils appellent donc à la vigilance et à la mobilisation citoyenne pour garantir la réussite de la transition et l’avènement d’une véritable démocratie au Gabon.
La suite de la transition au Gabon dépendra en grande partie de la capacité du pouvoir en place à répondre aux attentes et aux préoccupations des acteurs politiques et de la société civile. Le président de la transition devra faire preuve de courage et d’ouverture, en prenant des mesures fortes et justes, et en instaurant un dialogue permanent avec les citoyens et leurs représentants.
Les partis membres de l’Appel d’Angondjé, quant à eux, devront poursuivre leur engagement en faveur de la transition et de la démocratie, tout en veillant à préserver leur indépendance et leur crédibilité. Ils devront également élaborer des propositions concrètes et innovantes pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels le Gabon est confronté.
Enfin, la société civile gabonaise devra jouer un rôle de premier plan dans la réussite de la transition et dans la construction d’une démocratie durable et inclusive. Elle devra notamment veiller au respect des droits humains, à la lutte contre la corruption et à la promotion de la bonne gouvernance. Elle devra également favoriser le dialogue et la réconciliation nationale, en vue de surmonter les traumatismes du passé et de bâtir un avenir commun.
