Libreville, le 25 mai 2024 – Les partis politiques légalement reconnus au Gabon ont tenu une conférence de presse ce jeudi pour exprimer leur vive préoccupation et leur opposition à la recommandation de suspension des partis politiques émise lors du Dialogue national inclusif (DNI) qui s’est tenu du 2 au 30 avril 2024 à Angondjé.
Les responsables politiques ont salué la présence des médias, témoignant de l’importance accordée à la situation actuelle que traverse le pays. Bien qu’ayant initialement soutenu le « coup d’état militaire, rebaptisé coup de libération » opéré par le Comité pour la transition et la restauration des Institutions (CTRI) en août 2023, les partis politiques déplorent aujourd’hui le manque de progrès dans la restauration des institutions promises et la prise de décisions controversées par les militaires au pouvoir.
Parmi les recommandations du DNI qui suscitent l’inquiétude, la proposition de suspendre les partis politiques légalement reconnus et d’exclure les partis politiques des commissions électorales est considérée comme inapplicable et contraire aux lois et règlements en vigueur dans le pays, ainsi qu’à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Les partis politiques estiment que ces recommandations constituent un détricotage prémédité des acquis politiques des 33 dernières années et une déclaration de guerre aux partis politiques et aux libertés garanties par la Constitution.
Les acteurs politiques gabonais se disent déterminés à préserver et à protéger la démocratie pluraliste dans leur pays. Ils condamnent avec la dernière énergie le recul démocratique amorcé et tendant à marginaliser et à stigmatiser les partis politiques. Ils appellent à la fin de cet état d’urgence imposé au peuple gabonais et aux partis politiques, et dénoncent l’intention manifeste de vouloir appliquer manu militari les recommandations du DNI, notamment en ce qui concerne la suspension des partis politiques.
Les partis politiques gabonais estiment que l’application de mesures anti-démocratiques devrait être évitée afin de préserver la paix sociale et de privilégier le dialogue direct avec la classe politique, comme promis par le Président de la Transition. Ils en appellent à sa sagesse et rappellent que le Gabon appartient à tous ses citoyens et non à un groupe d’individus sans légitimité.
Face à cette situation, les partis politiques signataires de la déclaration récusent cette façon cavalière de vouloir détruire les acquis démocratiques et se réservent le droit d’utiliser toutes les voies de recours pour défendre les acquis démocratiques chèrement acquis. Ils interpellent également l’opinion nationale et internationale à constater les dérives totalitaires qui pourraient entraver le retour paisible à l’ordre constitutionnel.
La conférence de presse s’est achevée avec la disponibilité des responsables politiques à répondre aux questions des médias et à apporter des éclairages sur les préoccupations soulevées. La situation politique au Gabon reste donc tendue et incertaine, alors que les partis politiques et le CTRI semblent avoir des visions divergentes pour l’avenir du pays.
