Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 05 octobre 2024 au siège de l’ONG Gabon d’abord, les responsables de l’organisation ont exprimé leur soutien au projet de nouvelle Constitution proposé par le gouvernement à la Constituante et au parlement. Edmond Okemvele Nkogho, sénateur et leader de l’ONG, a abordé plusieurs points concernant la Constitution gabonaise et les réformes nécessaires pour le développement du pays.
Le sénateur a commencé par exprimer sa gratitude envers le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la Transition, pour son discours de prise de pouvoir. Ce discours a souligné la nécessité de restaurer ou d’améliorer la Constitution de la République, en partant de la Constitution gabonaise de la Conférence Nationale de 1991. Le sénateur a noté que 99% des Gabonais pensent que la Constitution, les lois et les décrets sont bons, mais que le problème réside dans l’incompétence des dirigeants, une opinion partagée par plus de 90% des parlementaires.

Edmond Okemvele Nkogho a exprimé sa joie et son bonheur depuis le coup d’État du 30 août, soulignant que la Constitution et ses textes d’application sont des outils pour façonner les mentalités citoyennes. Il a également mentionné que le discours du Président de la Transition et le projet de nouvelle Constitution soumis à la Constituante commencent à faire comprendre aux Gabonais la relation entre les coutumes, les règles, la Constitution, les lois et les mentalités.
Critères de Progrès
Le sénateur a insisté sur l’importance de la productivité comme critère principal pour juger les progrès de la démocratie et du développement économique, social et culturel du Gabon. Il a souligné que l’emploi, notamment l’emploi des jeunes, est crucial. Il a noté que le ratio de l’emploi au Gabon est trop faible par rapport à d’autres pays, y compris les pays asiatiques, européens, américains et russes.

Pour illustrer son propos, le sénateur a utilisé l’exemple de l’Éthiopie, qui a reçu de l’aide du Gabon en 1973 et est devenue une grande puissance agricole et possède une des plus grandes flottes d’avions en Afrique. Il a souligné que le problème du Gabon réside dans sa faible productivité.
Comparaison des Constitutions
Judith LEKOGO, dans une analyse comparative, a mis en lumière des différences significatives entre la Constitution de 1991 et le projet de nouvelle Constitution. La Constitution de 1991, issue de la Conférence Nationale, a marqué la fin du parti unique et l’instauration d’une démocratie multipartiste, mais la période post-1991 a été marquée par une instabilité politique et une utilisation des ressources de l’État pour contenter les partis politiques.

Le préambule de 1991 mentionne la responsabilité du peuple gabonais devant l’histoire, l’indépendance, l’unité nationale et la démocratie multipartiste. En revanche, le préambule du projet actuel inclut des références à Dieu et aux ancêtres, et parle de démocratie pluraliste et participative.
Innovations du Projet de Nouvelle Constitution

Selon Aminata et Judith LEKOGO, le projet de nouvelle Constitution introduit plusieurs innovations importantes. L’article 20 garantit l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux responsabilités politiques et professionnelles, ce qui n’était pas spécifié en 1991. L’article 42 stipule que les ressources naturelles sont la propriété exclusive de l’État, avec des modalités de concession et d’exploitation fixées par la loi, contrairement à la Constitution de 1991. L’article 47 reconnaît la société civile comme une composante de la démocratie pluraliste et participative, et l’article 48 garantit le droit d’opposition démocratique et un statut pour l’opposition, des éléments absents de la Constitution de 1991.
Garantir l’Intangibilité des Points Cruciaux

Pour garantir l’intangibilité des points cruciaux de cette nouvelle Constitution, il est essentiel de mettre en place des mécanismes de contrôle et de surveillance efficaces. Cela pourrait inclure la création d’une commission indépendante chargée de veiller à l’application stricte des dispositions constitutionnelles, ainsi que des mécanismes de consultation régulière avec la société civile et les citoyens. De plus, une éducation civique renforcée et une sensibilisation continue sur l’importance de la Constitution et de ses principes pourraient aider à ancrer ces valeurs dans la société gabonaise.
Edmond Okemvele Nkogho, Judith LEKOGO et Aminata ont souligné l’importance de la nouvelle Constitution pour le développement du Gabon et a insisté sur la nécessité de juger les progrès du pays par la productivité et l’emploi des jeunes. Les innovations introduites par le projet de nouvelle Constitution visent une plus grande inclusion et participation citoyenne, en reconnaissant le rôle de la société civile et en clarifiant la gestion des ressources naturelles, ce qui pourrait favoriser un développement démocratique et économique plus équitable au Gabon.
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