Mike Jocktane critique vivement plusieurs dispositions du projet de Constitution et relance le débat

La conférence de presse tenue mardi a permis de dévoiler son analyse critique de plusieurs dispositions du projet de Constitution qui sera soumis à un vote référendaire.

En son état actuel, c’est-à-dire tel qu’il est sorti des débats de la Constituante, Mike Jocktane a vivement critiqué plusieurs dispositions de ce projet de réforme, qui cristallise les craintes de l’émergence d’un régime autocratique.

Illégitime et manquant de transparence

C’est le verdict du Dr Mike Jocktane, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, Président du parti Gabon Nouveau, sur le processus de rédaction de la nouvelle Constitution lancé par les autorités gabonaises de transition. Lors d’une conférence de presse tenue mardi 8 octobre à Libreville, le leader politique appelle à une révision de ce projet de Constitution, qui ancrerait le pays dans un régime présidentialiste. Il exhorte les autorités à initier un dialogue inclusif et à adopter une approche sage et participative pour bâtir un Gabon démocratique.

Selon Dr Mike Jocktane, plusieurs articles contenus dans le projet constitutionnel pourraient avoir des conséquences négatives sur l’unité nationale, et les droits des citoyens. Voici schématiquement des dispositions qui fâchent.

Article 13 : Injustice foncière

S’agissant de l’article 13, qui limite l’accès à la propriété foncière aux seuls citoyens gabonais. Dr Mike Jocktane a révélé le fait que ce même article qui autorise l’accès des étrangers à la propriété foncière via des sociétés pourrait avoir des répercussions négatives pour l’économie nationale et créer une inégalité entre les citoyens gabonais et les entreprises étrangères.

L’article 21 qui stipule le service militaire obligatoire

Dr Jocktane plaide pour d’autres moyens, tels que l’éducation civique, afin de promouvoir l’attachement à la patrie. Selon lui, imposer un service militaire aux jeunes Gabonais, constitue une atteinte aux libertés. Il met en garde contre l’impact que cette obligation pourrait avoir sur les convictions religieuses, philosophiques ou personnelles de certains citoyens.

L’article 41, qui propose de commémorer un coup d’État comme fête nationale, est fermement rejeté par Mike Jocktane. Selon le président de Gabon Nouveau, cette proposition pourrait légitimer des moyens anticonstitutionnels pour accéder au pouvoir, normalisant l’usage de la force et fragilisant la stabilité politique du pays.

La limitation des mandats présidentiels à deux termes de sept ans, comme prévu dans l’article 52, est critiquée pour son manque de clarté. Jocktane a alerté sur une potentielle interprétation qui permettrait à un Président ayant achevé deux mandats de revenir au pouvoir après une interruption. Une faille qui, selon lui, menace de saper la confiance du peuple dans les institutions.

Les articles 64 et 76 font également bondir l’orateur qui ne voit pas d’un bon œil la centralisation excessive du pouvoir présidentiel qu’ils instaurent. Selon Dr Jocktane, cette concentration des pouvoirs pourrait entraîner des dérives totalitaires, menaçant la démocratie gabonaise.

D’autres articles, comme l’article 53 qui impose des critères stricts d’âge et d’origine pour accéder à la présidence, ont également été dénoncés. Mike Jocktane a souligné que ces dispositions marginalisent certains citoyens, notamment ceux d’origine étrangère ou naturalisés, ce qui va à l’encontre des principes d’inclusivité et d’égalité.

L’exigence de renoncer à une autre nationalité pour se présenter à la présidence est également perçue comme une stratégie discriminatoire visant à exclure certains candidats.

Et puis, les articles 190 et 191, relatifs aux dispositions transitoires, qui tente de conserver certaines dispositions de la Charte de la Transition après l’adoption de la nouvelle Constitution, est jugé incohérent. Pour Mike Jocktane, la Charte de la transition, issue d’une situation exceptionnelle, ne devrait pas avoir le même poids qu’une Constitution légitimée par vote libre. Pour le leader, cela saperait la légitimité de la nouvelle loi fondamentale.

Mike Jocktane a donc appelé à revoir la copie de cet avant-projet de Constitution. Pour lui, ce texte ne peut être accepté en l’état et nécessite un nouveau dialogue national pour garantir une Constitution moderne, inclusive et représentative des aspirations de tous les Gabonais.



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