Au moment où de plus en plus de Gabonais se montrent réticents face aux innombrables pseudo-engagements pris par plus d’un politicien, y compris lorsque ceux-ci touchent à l’avenir de la République, l’État et la Nation, l’un d’entre eux, dans le souci de faire œuvre utile, pensons-nous, a publié un article paru le 14 octobre dernier dans l’Union, un article méritant non seulement d’être lu, mais aussi et surtout d’être compris pour ne pas, pourquoi pas, que son esprit soit adopté par le grand nombre, Démocratie obligé !
Cet homme est un parmi ceux très connu sur la scène politique gabonaise, mais qui, pour les besoins de la cause, dirait-on, a choisi, sûr que par humilité certainement parce qu’il attend le retour de ses compatriotes, d’adopter profil bas, signant son article en tant que « simple citoyen ». Cet homme, courageux et défenseur d’opinions louables, c’est Jean-Pierre Oyiba qui mérite, à nos yeux, une attention particulière. Pour avoir pris le ferme et noble engagement patriotique d’édifier ses compatriotes sur les vues qui sont les siennes, mais assurément pas les siennes à lui seul, au sujet de l’intérêt qui se dégage autour de la nouvelle loi fondamentale inspirée et par la Constitution de 1991 issue de la Conférence nationale de 1990 et des conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) du 2 au 30 avril 2024.
En clair, Jean-Pierre Oyiba fait œuvre scientifique, commençant par déterminer l’objet, ici la Constitution, avant de poser la problématique qui réside dans la question de savoir comment interpréter et comprendre pour enfin se l’approprier, le projet de nouvelle Constitution du Gabon. Le Patriote qui défend que le contexte, l’histoire et le destin commun du peuple gabonais sont ici engagés, qu’il faut à son pays éviter les erreurs du passé, que le Gabon n’est pas en panne de génies pour se bâtir sa propre Constitution et qu’au lieu d’être une compilation de principes philosophiques et juridiques sur la gouvernance d’un pays, fût-il le sien, la Constitution doit être un outil arrimé au vécu et au ressenti du peuple pour que ce dernier se reconnaisse dans une loi fondamentale, s’interroge sur les mobiles véritables qui conduisent bon nombre s’opposer particulièrement à l’Article 53 du projet de nouvelle Constitution, non sans condamner l’attitude de ceux qu’il qualifié, il a des arguments pour justifier sa position, de rhétoriciens.
Faisant à cet instant preuve de pédagogie, le citoyen gabonais comme a bien voulu qu’on le considère, Jean-Pierre Oyiba, s’est livré à des explications. Ainsi, nous sommes-nous rendus compte, grâce à lui que ledit Article portant éligibilité à la Présidence de la République, stipule que pour jouir de cette prérogative, il vous faut remplir aux citoyens des deux sexes, les conditions suivantes :
1-Être de père et de mère Gabonais, eux- mêmes nés Gabonais ;
2-Avoir la nationalité gabonaise unique et exclusive ;
3-Être âgé de 35 ans au moins et 70 au plus ;
4-Être marié à un Gabonais né de père et de mère Gabonais ;
5-Avoir résidé au Gabon pendant au moins 3 ans sans sans discontinuer avant l’élection présidentielle ;
6-Parler au moins une Langue locale ;
7-Jouir d’un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège médical désigné par la Cour constitutionnelle devant laquelle il prête serment ;
8-Jouir de ses droits civils et politiques. Tout Gabonais bénéficiant d’une autre nationalité peut se porter candidat à condition d’y avoir renoncé 2 ans avant l’élection.
À la lecture de ces 8 Articles contenus dans le projet de nouvelle Constitution, le citoyen Jean-Pierre Oyiba s’interroge, dans le but d’interpeller ses compatriotes, sur le fait qu’il y’en ait, qui trouvent matière, non pas à redire, mais plutôt à scandale avec toutes les interprétations que cela peut générer, à commencer par celle qui présente ces dispositions comme sectaires et exclusives. Bien au contraire monsieur Oyiba à-t-il tenu à démontrer que le Gabon abrite une population métissée, ce qui ne souffre d’aucune contradiction, depuis plus d’un demi-siècle, et que l’adoption et l’application des dispositions indiquées ne saurait introduire une discrimination entre Gabonais en créant des Gabonais de 1ère et de 2nde zone. Jean-Pierre Oyiba ajoute, pour convaincre les partisans du « Non » que l’État, s’appuyant sur l’Article 20 de la Constitution, garantit l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux, ainsi qu’aux responsabilités politiques et professionnelles. Avant de conclure, exemples à l’appui, que chaque pays sur les 179 qu’il a pris, pour l’échantillonnage, montre une variété de critères d’éligibilité pour accéder aux fonctions de président de la République avec des exigences liées à la nationalité, l’âge, la résidence et parfois à des critères religieux, linguistiques ou judiciaires. Certaines nations, confirme-t-il, imposent également des critères de loyauté envers un parti ou une dynastie, notamment dans les monarchies ou les régimes autoritaires ; les restrictions variant en fonction des traditions politiques et des circonstances historiques. Et de citer, la liste ne saurait être exhaustive, entre autres, les États-Unis, la France, le Kazakhstan, mais aussi, la Côte-d’Ivoire, l’Égypte, la Tunisie, la Zambie, le Kenya, l’Algérie et la République Démocratique du Congo (RDC).
Nous osons en tout cas croire qu’il n’a pas prêché dans le désert !
