Le Mouvement GABAO Appelle à Soutenir le « OUI » au Référendum Constitutionnel

Franck Nguema, Président du Mouvement GABAO, a pris la parole ce jeudi 31 octobre 2024 pour exprimer la position de son parti sur le projet de Constitution 2024, qui sera soumis à référendum le 16 novembre 2024. Dans un discours empreint de conviction, Nguema a rappelé l’engagement du Comité de la Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI) à conduire une transition pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, visant à rétablir l’ordre constitutionnel et organiser des élections libres et transparentes.

 

Le Mouvement GABAO a suivi attentivement le processus d’élaboration du projet de Constitution 2024, notamment lors de la tournée nationale de mai à septembre 2024. Nguema a souligné que le projet garantit les droits fondamentaux des citoyens, assure la séparation des pouvoirs et prévoit des mécanismes de protection de la Constitution. « Le projet de Constitution 2024 garantit les droits fondamentaux du citoyen gabonais qui pourra participer à la vie civile, politique et sociale de la société et de l’État sans être discriminé, ni réprimé », a-t-il déclaré.

Le projet de Constitution 2024 garantit les droits civils, politiques et sociaux, et introduit des devoirs supplémentaires tels que l’obligation du service militaire et la promotion de la bonne gouvernance. Il adopte un régime présidentiel monocéphale, où le Président de la République est le chef de l’État et du Gouvernement, avec un Vice-Président pour la coordination gouvernementale. Le Président est élu pour un mandat de 7 ans, rééligible une seule fois, et doit remplir des conditions strictes d’éligibilité.

Nguema a également souligné que « le projet de Constitution 2024 a fait le choix pour le Gabon d’une République organisée sous la forme d’un État unitaire et décentralisé. » Le pouvoir législatif est bicaméral avec une Assemblée Nationale et un Sénat, sans possibilité de motion de censure contre le Gouvernement. Le pouvoir judiciaire est indépendant et autonome financièrement. La révision de la Constitution est soumise à des procédures contraignantes et des interdictions spécifiques, notamment en période électorale.

« La révision de la Constitution s’opère par le Président de la République ou les membres du Parlement, par le référendum ou par la voie parlementaire, sous le contrôle de la Cour constitutionnelle. Il est prévu des interdictions à la révision constitutionnelle surtout en cas d’intérim du Président de la République ou autours des périodes électorales, » a-t-il précisé.

Le projet de Constitution 2024 est le résultat d’une réflexion du peuple gabonais et correspond à une volonté de changement et de renouveau démocratique. Le Mouvement GABAO appelle à soutenir massivement le « OUI » lors du référendum constitutionnel du 16 novembre 2024, car « Vox populi, vox Dei » (La voix du peuple est la voie de Dieu).

Nguema a souligné que le projet de Constitution 2024 garantit les droits fondamentaux du citoyen gabonais, permettant une participation sans discrimination ni répression. Il a également noté que le projet prévoit des contre-pouvoirs pour tempérer le régime présidentiel. « Le projet de Constitution 2024 a prévu des contre-pouvoirs pour tempérer ce régime présidentiel, » a-t-il annoncé.

En conclusion, il a demandé à tous les délégués locaux, militants, sympathisants et tous les Gabonais de soutenir massivement le « OUI » lors du référendum. « Le Mouvement Gabao demande à tous ses Délégués locaux, ses militants, ses sympathisants et toutes les gabonaises et tous les gabonais qui se reconnaissent en ses idéaux et ses valeurs, à travers les 9 provinces du gabon et dans la diaspora, à soutenir massivement le « OUI » lors du referendum constitutionnel du 16 novembre 2024. »

 

Un Appel à Soutenir Un Projet Constitutionnel Renforçant le Risque de Dérive Autoritaire ?

Le discours de Franck Nguema, Président du Mouvement GABAO, est un appel vibrant à soutenir le projet de Constitution 2024, qui sera soumis à référendum le 16 novembre 2024. Nguema met en avant les aspects positifs du projet, notamment la garantie des droits fondamentaux, la séparation des pouvoirs et les mécanismes de protection de la Constitution. Cependant, plusieurs points méritent une analyse plus approfondie.

Tout d’abord, le choix d’un régime présidentiel monocéphale soulève des questions sur la concentration du pouvoir. Bien que des contre-pouvoirs soient prévus, il est crucial de s’assurer que ces mécanismes sont suffisamment robustes pour éviter toute dérive autoritaire. La limitation du mandat présidentiel à deux termes de 7 ans est une mesure positive, mais elle doit être accompagnée de garanties solides pour prévenir les tentatives de contournement.

Ensuite, l’absence de possibilité de motion de censure contre le Gouvernement peut être perçue comme une limitation des pouvoirs du Parlement. Bien que cela puisse assurer une certaine stabilité gouvernementale, il est essentiel de garantir que le Parlement dispose de moyens efficaces pour contrôler l’action du Gouvernement et représenter la volonté du peuple.

La révision de la Constitution est soumise à des procédures contraignantes et des interdictions spécifiques, ce qui est une mesure importante pour protéger la Constitution des modifications hâtives ou opportunistes. Cependant, il est crucial que ces procédures soient transparentes et accessibles au public pour garantir une participation démocratique.

Enfin, l’appel à soutenir massivement le « OUI » lors du référendum est un signe de l’engagement du Mouvement GABAO en faveur du projet de Constitution 2024. Cependant, il est essentiel que les citoyens gabonais soient pleinement informés des implications du projet et puissent participer à un débat public éclairé. La transparence et l’inclusivité du processus référendaire seront déterminantes pour la légitimité du résultat.

 

En somme, le projet de Constitution 2024 présente des avancées significatives en matière de droits fondamentaux et de séparation des pouvoirs. Cependant, il est crucial de veiller à ce que les mécanismes de contre-pouvoirs soient suffisamment robustes et que le processus référendaire soit transparent et inclusif. Le succès de cette transition constitutionnelle dépendra de la capacité à répondre à ces défis.

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