Référendum : un taux d’abstention explicable

Samedi 16 novembre, quelque 846 000 électeurs gabonais étaient appelés à se prononcer par référendum sur le projet de nouvelle Constitution présenté par le régime militaire du général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Le taux d’abstention, près de 30% , peut s’expliquer par la méconnaissance des électeurs des véritables enjeux du scrutin. Toutefois, ce n’est pas l’unique raison.

En effet, la lassitude engendrée par la fréquence des élections tronquées dans le pays avant le 30 août 2023, peut-être également invoquée, outre l’existence de certains partis politiques et autres associations qui ont tout bonnement fait campagne pour le Non. Visiblement, les électeurs sont fatigués et, par conséquent le taux d’abstention a été élevé.

Selon les sondages qu’on a effectué dans divers quartiers de la capitale et dans quelques grandes villes, les électeurs ont eu tendance à  boycotter le scrutin. Diverses raisons ont encore été evoquées par les électeurs pour justifier leur attitude. D’autres ont signalé que leur condition de vie ne va pas changer s’ils ont voté Oui ou Non.

Pourtant, au cours des 10 jours de la campagne, les gens se sont tellement motivés. Les partisans du Oui, dits officiels ont pu mobiliser beaucoup de monde à chaque meeting.

Quoi qu’il en soit, le réseau citoyen ROC qui a déployé 250 observateurs dans 96 des quelques 3000 bureaux recensés dans le pays – en plus des observateurs internationaux de l’Union africaine et l’Union européenne – s’est déclaré satisfait du bon déroulement de cette journée historique.

Si la Constitution est adoptée, la prochaine étape sera la tenue d’une élection présidentielle, actuellement prévue en août 2025, pour mettre un terme définitif à la transition née du coup de la Libération du 30 août 2023, après la chute de la dynastie Bongo.

 

Pierre Parfait Mbadikumbe 

Journaliste/Rédacteur/Consultant communication