Depuis lundi 16 décembre dernier, les agents de la Mairie de Libreville observent, ce jusqu’au 25 du mois, un préavis de 8 jours de grève.
Il s’agit par cet acte, d’interpeller le Délégué spécial, le général Jude Ibrahim Rapontchombo, alias « Bouille de guerre », sur les nombreux dysfonctionnements que vit la mairie de Libreville. Selon Joe-Fred Madouta, président du Syndicat libre des agents de la Mairie de Libreville (SYLAML), qui dénonce une incohérence entre les objectifs fixés et les actions entreprises, « l’Institution ne fonctionne plus de manière optimale ».
Plusieurs agents avec qui nous avons échangé sont unanimes : « Il s’agit d’une gestion archaïque, en déphasage avec les valeurs éthiques, inclusives, de justice, d’égalité, de travail, et de discipline, gages de dynamisme et de sérénité nécessaires pour le succès ».
Il se dit, par exemple, que les agents de la Mairie de Libreville n’auraient pas depuis plus de 6 mois, touché leur prime. Un agent ayant visiblement envie d’en découdre nous a expliqué : « Il existe une division spéciale chargée de verser directement l’argent au maire. Cet argent devrait être versé au Trésor public pour faciliter le paiement des primes. C’est à cause de telles pratiques que le désordre s’est installé sur le terrain. Aujourd’hui, les commerçants se plaignent de recevoir plus de 5 à 7 brigades par jour ».
Informés de la situation, de nombreux Gabonais sont au regret de constater qu’alors que l’arrivée des militaires à la tête des Institutions devait aider à y instaurer la discipline, c’est plutôt le contraire que l’on observe. Salué à son arrivée à la tête de la Mairie, le général Jude Ibrahim Rapontchombo peine à mener les réformes promises dans le but de répondre aux défis du président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Mais l’on constate pour le regretter que Jude Ibrahim Rapontchombo a ramené les vieilles pratiques imputées au PDG, avec la gestion de l’inspection. Quid, se demande-t-on, de la boutade du général Rapontchombo : « Ma main ne tremblera pas dans ma gestion ». Le treillis est-il trop grand pour le général ?
Ce que l’on retient globalement, c’est que la Mairie est aujourd’hui dans une mauvaise passe et qu’au train où vont les choses, si rien n’est fait de sitôt, l’irréparable risque de se produire !
