Service minimum du Syndicat des Magistrats : Le Conseil de l’Ordre des Avocats dénonce un mépris du Syndicat National des Magistrats

Ni rumeurs ni spéculations dans les couloirs, mais lors d’une récente réunion du Conseil de l’Ordre des Avocats du Gabon, le Bureau directeur des avocats a pris connaissance avec consternation du service minimum mis en place par le Syndicat des Magistrats du Gabon (Synamag). Ce service minimum, qui suspend une large part des activités judiciaires, a été jugé par le Conseil comme excessif et contraire aux principes de la loi. Le Bâtonnier Raymond Obame Sima a exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’il considère comme un « mépris ». 

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Le Bâtonnier a comparé cette situation à celle des hôpitaux, se demandant comment il serait possible d’imaginer les médecins fermer les urgences de tous les hôpitaux publics du pays, même en cas de grève légitime. Selon lui, le droit d’accès à la justice ne peut être suspendu de manière aussi drastique, quelles que soient les revendications du Synamag. Une telle mesure, selon le Bâtonnier, est inadmissible et porte atteinte aux droits des citoyens à un procès équitable.

Dans un appel fort à la responsabilité, le Conseil de l’Ordre a exhorté le Synamag à reconsidérer sa position, en soulignant qu’un service minimum ne doit en aucun cas perturber l’équité et l’efficacité de la justice. La grève, bien qu’étant un droit fondamental, ne doit pas se transformer en une entrave aux droits des justiciables, notamment en ce qui concerne la tenue des audiences et le traitement des dossiers.

Le Conseil de l’Ordre, tout en reconnaissant la nécessité d’un changement dans le système judiciaire, appelle à une révision de la mentalité des acteurs du secteur, afin que des solutions équilibrées puissent être trouvées pour préserver à la fois les droits des travailleurs et ceux des citoyens. Le Bâtonnier conclut en insistant sur la nécessité de repenser les pratiques judiciaires afin de garantir une justice plus responsable et accessible pour tous.

Le Bâtonnier a conclu en invitant le Bureau du Syndicat des Magistrats à revoir sa copie sur l’organisation du service minimum sans remettre la légitimité de ses revendications.