L’ancien leader syndical gabonais Jean Rémy Yama a officiellement annoncé son entrée en politique ce dimanche 26 janvier 2025 à la Salle Polyvalente de Louis. Devant une foule nombreuse de militants et sympathisants, il a confirmé son adhésion au Parti National pour le Travail et le Progrès (PNTP), formation politique dont il est l’un des membres fondateurs.

Un parcours militant marqué par l’engagement
Cette décision marque un nouveau tournant dans le parcours de celui qui fut l’une des figures majeures du syndicalisme gabonais. Ancien leader des plateformes SNEC et Dynamique Unitaire, fondateur du COPIL citoyen, Jean Rémy Yama s’est constamment positionné comme un défenseur acharné des droits des travailleurs et de la justice sociale.

Son activisme lui a valu deux années d’emprisonnement sous l’ancien régime, une épreuve qui n’a fait que renforcer sa détermination. C’est d’ailleurs depuis sa cellule qu’il a remporté une victoire électorale significative aux dernières législatives face à un candidat du PDG.
Une transition qui inquiète
Dans son discours, Yama a exprimé ses vives préoccupations concernant l’évolution de la transition politique au Gabon. « Les nominations en Conseil des ministres sont de plus en plus décriées, et le dernier semi-remaniement du gouvernement s’est matérialisé par le renforcement des positions de ceux qui pour moi représentent les ténèbres », a-t-il déclaré.

Il critique notamment ce qu’il perçoit comme une trop grande tolérance de la société civile et de l’opposition : « Nous avons mis trop d’eau dans notre vin, à tel point que nous avons renoncé à nos valeurs de justice, d’honneur et d’intégrité. Nous aurions dû être fermes au lendemain du 30 août 2023. »
Le PNTP : un nouveau véhicule politique social-démocrate
Le PNTP, que Yama présente comme une « émanation divine », s’inscrit dans la tradition social-démocrate. Le parti revendique l’héritage de la Conférence nationale et la charte des libertés de 1990, ainsi que la Constitution de 1991. Ses objectifs principaux incluent L’amélioration des conditions de vie, une redistribution équitable des richesses, la garantie du travail et de la protection sociale pour tous, la sauvegarde de l’environnement et l’instauration d’une véritable gouvernance démocratique.

« Je n’ai pas changé et avec l’aide de Dieu, je ne changerai pas », a assuré Yama à ses partisans, promettant de maintenir ses convictions et son engagement pour la justice sociale.
L’ancien syndicaliste appelle désormais au rassemblement de « tous les hommes de lumière du Gabon » pour contrer ce qu’il considère comme un retour inquiétant des pratiques de l’ancien régime.
