Gabon : Blocage des nominations, bras de fer dans l’administration du budget et de la comptabilité publique?

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Une capture d’écran du journal l’union

Trois semaines après les nominations du 17 janvier 2025, décidées en Conseil des Ministres sous la présidence du Général Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs cadres de l’administration du Budget et de la Comptabilité publique n’ont toujours pas été installés. Une situation dénoncée par les syndicats du Trésor et des Comptes publics, qui s’inquiètent d’un possible dysfonctionnement au sein de l’appareil d’État.

 

Alors que le Conseil des Ministres a validé ces nominations, leur non-application semble trouver son origine dans des réticences internes. Selon les syndicats, le ministre Charles Mba et certains de ses directeurs généraux tarderaient à mettre en œuvre ces décisions. Faut-il y voir une volonté de contester certaines désignations ou une simple lenteur administrative ? Difficile de trancher.

 

Si plusieurs hauts cadres attendent toujours leur installation, un cas particulier attire l’attention : celui de Magloire Kouya, frère de l’Honorable Blaise Louembe, qui a, lui, été nommé et installé sans délai. Ce décalage pose la question des critères de mise en application des décisions du gouvernement et de l’influence de certains réseaux sur la gestion des nominations.

 

Au-delà de ces blocages administratifs, une question plus large émerge : le Président de la Transition maîtrise-t-il pleinement l’exécution de ses décisions ou se heurte-t-il à des résistances internes qui limitent sa marge de manœuvre ? À deux reprises déjà, certaines de ses orientations ont été mises à l’épreuve par ceux qu’il a lui-même choisis. Est-ce le signe d’un rééquilibrage du pouvoir au sein de l’État ou la preuve d’une lutte d’influence plus profonde ?

 

Si l’efficacité de la gestion publique repose sur le respect des décisions institutionnelles, cette situation pourrait bien mettre à l’épreuve la cohésion et la gouvernance de la transition. Une clarification rapide semble désormais nécessaire pour éviter tout doute sur l’autorité de l’exécutif et sur l’unité du gouvernement.

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