Deuxième journée Rentrée du Barreau du Gabon: L’avocat à l’avant-garde de la défense des droits des citoyens

Dans le cadre de la 26e rentrée solennelle du Barreau des avocats, le Barreau du Gabon, en collaboration avec la Conférence Internationale des Barreaux (CIB), a organisé pour son deuxième jour, ce jeudi 20 février à la Maison de l’Avocat, une journée scientifique d’une rare intensité intellectuelle et humaine. Dédiée à la protection des droits des citoyens par les avocats, cette rencontre a réuni les plus éminentes figures du droit venues d’Europe, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Une véritable célébration de la justice et de l’État de droit.

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Un événement marquant sous le signe de l’ouverture et de la modernité

 

Sous la houlette du Bâtonnier Raymond Obame Sima, cette journée s’est inscrite dans une dynamique de modernisation et d’ouverture du Barreau gabonais. Dans son discours inaugural, il a salué les avancées réalisées par l’institution tout en rendant hommage à deux figures emblématiques récemment disparues, Maître Jean-Raymond Zassi Mikala et Maître Louis Gaston Mayila. Il n’a pas manqué de remercier chaleureusement la CIB pour son soutien indéfectible, notamment à travers l’organisation d’un colloque international à Libreville.

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Murielle Renard-Legrand, présidente de la CIB et Bâtonnier de la Martinique, a magnifié les liens solides entre son organisation et le Barreau gabonais. Avec une éloquence teintée d’émotion, elle a rappelé que l’avocat est bien plus qu’un simple praticien du droit : il est un « contre-pouvoir » essentiel et le gardien vigilant de l’État de droit. Elle a également abordé avec acuité le principe fondamental de légalité en droit pénal, soulignant les défis posés par des pratiques contemporaines comme la législation par ordonnances ou encore la correctionnalisation des infractions.

 

Cinq panels pour explorer les enjeux cruciaux du droit

 

La journée scientifique s’est articulée autour de cinq thématiques majeures : Une même justice pour tous; la lutte contre l’impunité, le respect des droits fondamentaux; les partenariats publics-privés et l’avocat lanceur d’alerte.

 

Ces panels ont permis des échanges riches entre avocats, experts juridiques et invités. Maître Farah Fina, Boussougou Bou Mbine, secrétaire de l’Ordre des Avocats, a résumé avec justesse l’esprit de ces discussions : « L’avocat est un peu le médecin de la société ». Les débats ont mis en lumière des problématiques cruciales telles que la non-rétroactivité des lois ou encore les mécanismes nécessaires pour combattre l’impunité.

 

Lutter contre l’impunité : un combat pour la justice

 

L’impunité, décrite comme une absence de sanction pour des crimes ou infractions, a été au cœur des discussions. Selon Maître Charlène Ongota, ce phénomène constitue une menace directe pour les droits humains et fragilise les fondements mêmes de la justice. Elle distingue deux formes d’impunité : celle de fait, souvent liée aux conflits ou coups d’État, et celle de droit, qui peut découler d’immunités ou d’amnisties.

 

 

Pour Éloi Kaboré, avocat engagé dans cette lutte, réduire l’impunité passe par plusieurs leviers essentiels : garantir l’indépendance du corps judiciaire, instaurer une transparence totale dans la nomination des juges et réformer profondément les institutions judiciaires. Les avocats jouent ici un rôle central en accompagnant les victimes et en militant pour leurs droits.

 

Les lanceurs d’alerte : sentinelles de la transparence

 

Dominique Tricot, avocat au Barreau de Paris et trésorier de la CIB, a captivé l’audience en abordant le rôle crucial des lanceurs d’alerte dans nos sociétés modernes. Ces individus courageux qui dénoncent crimes ou menaces graves sont aujourd’hui indispensables dans la lutte contre la corruption et pour préserver la cohésion sociale. « C’est un élément déterminant », a-t-il affirmé avec conviction.

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Il a insisté sur le fait que ces révélations doivent être faites dans un esprit de bonne foi et sans contrepartie financière. Ce mécanisme offre une opportunité unique pour renforcer l’intégrité des institutions tout en protégeant ceux qui osent briser le silence.

 

Des recommandations pour un futur plus juste

 

À l’issue de cette journée intense en réflexions et échanges, plusieurs recommandations ont émergé. Parmi elles : renforcer les outils juridiques pour réduire l’impunité et promouvoir une justice équitable pour tous. Un document synthétique sera prochainement publié par le Barreau du Gabon afin d’immortaliser ces propositions ambitieuses.

 

Un moment charnière pour le Barreau gabonais

 

Cette 26e rentrée solennelle marque indéniablement un tournant dans l’histoire du Barreau du Gabon. À travers cet événement réussi, il réaffirme son rôle moteur dans la défense des droits fondamentaux et son engagement indéfectible envers une justice moderne et accessible. Comme l’a si bien résumé Murielle Renard-Legrand : « L’avocat est le rempart ultime contre l’arbitraire ». Une vérité qui résonne avec force dans chaque mot échangé lors de cette journée mémorable.

 

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