Jean Rémy Yama : « Le président de la Transition ne sait pas de quoi il parle ! »

Dans un contexte politique tendu à l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, Jean Rémy Yama, leader du Parti National pour le Travail et le Progrès (PNTP) et candidat déclaré, a vivement critiqué les propos récents du président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce dernier avait affirmé que les forces de défense et de sécurité du Gabon comptaient plus de 400 000 personnels, une déclaration que Yama qualifie d’ »absurde » et de « manipulation flagrante ».

 

Une démonstration implacable contre des chiffres jugés fantaisistes

 

Lors d’un discours prononcé le 3 mars 2025, Jean Rémy Yama a méthodiquement déconstruit les affirmations du président de la Transition. Selon lui, les données officielles contredisent largement les chiffres avancés par Oligui Nguema. En effet, en 2024, le ministère des Comptes publics avait recensé un total de 109 000 agents dans la fonction publique, dont seulement 20 000 militaires et paramilitaires. Ces chiffres sont bien loin des 400 000 annoncés par le chef de l’État intérimaire.

 

Yama va plus loin en suggérant que cette surestimation pourrait cacher des intentions électorales douteuses. Il accuse Oligui Nguema d’instrumentaliser ces chiffres pour gonfler artificiellement l’électorat en faveur de ses soutiens, notamment en évoquant la possibilité d’une fraude massive lors des prochaines élections.

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« À la lumière de ces incohérences, il est clair que nous assistons à une pure invention destinée à manipuler l’opinion publique et à influencer les résultats électoraux, » a-t-il déclaré avec fermeté.

 

Des calculs qui ne tiennent pas debout

 

Jean Rémy Yama n’a pas seulement dénoncé les chiffres bruts ; il a également démonté les calculs avancés par Oligui Nguema. Ce dernier avait affirmé que les 400 000 personnels des forces armées et leurs familles représentaient environ 11 % du corps électoral gabonais. Or, avec une population totale estimée à 2,4 millions d’habitants et un corps électoral officiellement fixé à 846 822 électeurs, ces proportions sont tout simplement impossibles.

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Yama souligne que même si chaque militaire ou paramilitaire appartenait à un foyer moyen de cinq personnes, cela ne pourrait en aucun cas atteindre les deux millions d’individus évoqués par le président de la Transition.

 

« Ces calculs relèvent d’une méconnaissance totale des réalités démographiques et administratives du Gabon, » a-t-il martelé.

 

Une transition sous haute tension

 

Cette passe d’armes intervient dans un contexte où la transition politique gabonaise est déjà fortement critiquée. Depuis le coup d’État du 30 août 2023 qui a renversé Ali Bongo Ondimba, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) est accusé de reproduire les pratiques clientélistes et autoritaires du régime précédent. Pour Jean Rémy Yama, cette transition n’a pas tenu ses promesses de rupture avec le passé.

 

En s’appuyant sur des références bibliques et des valeurs traditionnelles gabonaises, Yama a appelé au respect de la parole donnée. Il a rappelé l’engagement solennel pris par Oligui Nguema lors de son investiture : organiser des élections libres et transparentes pour remettre le pouvoir aux civils.

 

« Changer sa parole de sagesse en faisant le contraire est porteur de ténèbres, » a-t-il averti dans un discours empreint de gravité.

 

Un appel à la vigilance citoyenne

 

Face à ce qu’il considère comme une tentative manifeste de manipulation électorale, Jean Rémy Yama exhorte les Gabonais à se mobiliser pour défendre leur démocratie. Il appelle également à une surveillance accrue du processus électoral afin d’éviter toute fraude.

 

« Le Gabon ne peut plus se permettre une nouvelle mascarade électorale, » a-t-il insisté.

 

Alors que l’élection présidentielle approche à grands pas, cette confrontation entre Jean Rémy Yama et Brice Clotaire Oligui Nguema illustre les tensions croissantes autour de l’avenir politique du Gabon. Pour beaucoup, cette élection représente une opportunité cruciale pour sortir définitivement d’un cycle politique marqué par l’instabilité et les abus.

 

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