Assises nationales sur le Financement du Développement Post-transition: Un Nouveau Modèle Économique pour le Gabon, l’heure des choix décisifs 

Les Assises nationales sur le financement du développement post-transition, organisées sous l’égide du ministère de l’Économie et des Participations et des Nations unies, ont refermé leurs portes ce mardi 18 mars au Radisson Blu. Après deux jours de débats intenses, d’échanges fructueux et de réflexions prospectives, les participants ont posé les bases d’une nouvelle ère économique pour le Gabon. Une ère marquée par l’ambition, l’innovation et une collaboration renforcée entre le gouvernement, le secteur privé et les partenaires internationaux.

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Le secteur privé, pilier de la relance économique

 

Dès l’ouverture des travaux, M. Alexandre Barro Chambrier, Vice-Premier Ministre et Ministre de la Planification et de la Prospective, a rappelé le rôle central du secteur privé dans la relance économique du Gabon. « Le secteur privé est un moteur incontournable de notre économie », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources intérieures et d’intégrer pleinement les entreprises locales dans cette dynamique. Avec environ 400 grandes entreprises et 35 000 PME/PMI, le secteur privé gabonais, bien que dynamique, fait face à des défis majeurs : accès difficile au crédit, contraintes foncières et problèmes d’infrastructures. « Nous devons viabiliser le climat des investissements et favoriser l’émergence de champions nationaux parmi les PME », a-t-il affirmé, appelant à des réformes structurelles pour améliorer la compétitivité.

 

Pour y parvenir, le gouvernement mise sur des initiatives concrètes telles que la Banque pour le Commerce et l’Entreprenariat du Gabon et le Fonds Okoumé Capital, destinés à soutenir les PME et les petits entrepreneurs. « Notre ambition est de porter la transformation locale de nos matières premières à au moins 40 % dans les prochaines années », a-t-il annoncé, tout en soulignant l’importance des infrastructures stratégiques en énergie, transports et numérique. En conclusion, M. Chambrier a exprimé sa confiance dans les échanges en cours : « Les recommandations issues de ces assises poseront un nouveau jalon pour atteindre nos objectifs. »

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Diversification économique : transformer les ressources naturelles

 

Le Panel 2, consacré à la diversification économique par la transformation des ressources naturelles, a réuni des figures clés du gouvernement et des partenaires internationaux. Parmi les intervenants, M. Gilles Nembe, Ministre des Mines, M. Marcel Abeke, Ministre du Pétrole, et M. Séraphin Akure Davin, Ministre de l’Énergie, ont échangé sur les défis et les opportunités liés à la transformation des ressources naturelles. « Quelles solutions ont fonctionné ? Comment mobiliser plus de capitaux privés ? Quelle feuille de route pour une diversification économique réussie ? » Autant de questions qui ont animé les débats.

 

Les discussions ont mis en lumière la nécessité de développer des chaînes de valeur locales dans les secteurs agricoles, forestiers et touristiques. « Le Gabon doit passer d’une économie de rente à une économie de transformation », a souligné M. Mravili Athman, représentant de la FAO. Les participants ont également insisté sur l’importance de mobiliser des capitaux privés pour financer des projets structurants et créer des emplois durables.

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Les défis du secteur privé : réformes et digitalisation

 

Le Panel 3, dédié aux défis du secteur privé gabonais, a permis à plusieurs intervenants de haut niveau de partager leurs perspectives et solutions pour stimuler l’économie locale. Jean-Baptiste Bikalou, Président de la Chambre de Commerce, a souligné la nécessité d’élargir les marchés gabonais au-delà des frontières nationales. « La taille des marchés reste problématique au Gabon. Nous devons oser viser plus grand, en nous adressant à des marchés régionaux comme le Congo, le Cameroun et la Guinée équatoriale », a-t-il déclaré. Il a également pointé du doigt les lourdeurs administratives, appelant à une simplification des processus grâce à la digitalisation.

 

Yvan N’Hah Mboma, Fondateur de Bamboo EMF, a abordé la question du financement des entreprises locales. « 80 % des participations de la CDC et du FGIS sont orientées vers des entreprises à capitaux étrangers. Il faut que ces véhicules réservent 15 à 25 % de leurs participations pour soutenir les entreprises gabonaises », a-t-il critiqué. Il a également insisté sur l’importance de la commande publique comme levier de développement : « L’État est le premier consommateur. Quelle part de ses dépenses de consommation est allouée aux entreprises gabonaises ? C’est un super levier à exploiter. »

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Un engagement collectif pour un nouveau modèle économique

 

En clôture des assises, M. Marc-Alexandre Doumba, Ministre de l’Économie et des Participations, a lu la lettre des engagements des participants. Ces derniers se sont engagés à investir dans le financement des universités et centres de recherche, visant une diversification économique réussie et une transformation structurelle des modèles de gouvernance économique et financier. « L’heure est venue de bâtir un nouveau modèle économique diversifié, inclusif et souverain », ont-ils déclaré, appelant à une stratégie de financement holistique incluant des réformes fiscales, une gestion crédible de l’endettement et une gouvernance exemplaire des ressources publiques.

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Dans son discours de clôture, M. Doumba a remercié les participants pour leurs contributions tout en exposant les dilemmes économiques auxquels fait face le Gabon. « Nous sommes face à un dilemme. Comme j’ai dit, effectivement, nous n’avons plus d’autre choix que de faire d’autres choix », a-t-il déclaré, illustrant ce paradoxe par l’exemple concret d’un projet routier dont le financement pose question. Il a également critiqué la multiplication des véhicules d’investissement public sans résultats tangibles, affirmant que « la création de tous ces outils-là […] ce sont des solutions techniques face à un problème structurel. Et une solution technique ne résout pas un problème structurel. »

 

Un avenir à construire ensemble

 

Les Assises nationales sur le financement du développement post-transition ont ainsi posé les jalons d’une nouvelle vision économique pour le Gabon. Une vision ambitieuse, portée par la collaboration entre le gouvernement, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Reste maintenant à traduire ces engagements en actions concrètes, pour bâtir un Gabon plus prospère, plus inclusif et plus résilient. Comme l’a si bien rappelé M. Doumba : « Le bilan de chacun se prépare aujourd’hui. »

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