Ouagadougou, 25 mars 2025 – La liberté de la presse est plus que jamais menacée au Burkina Faso. Depuis le coup d’État de 2022, les journalistes sont confrontés à une répression croissante de la part de la junte militaire au pouvoir. En moins de trois ans, une quinzaine de médias, aussi bien locaux qu’étrangers, ont été suspendus.
Le 24 mars 2025, Guezouma Sanogo et Boukari Ouoba, deux figures du journalisme d’investigation burkinabé, ont été arrêtés après avoir dénoncé des atteintes à la liberté de la presse qu’ils jugent « sans précédent » sous le régime actuel. Respectivement membres du Centre national de presse Norbert Zongo et de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), ils avaient récemment pris position contre la censure grandissante imposée par les autorités.
Quelques heures après leur arrestation, un autre journaliste, Luc Pagbelguer, de la chaîne privée BFJ, a été interpellé par des agents du Conseil national de sécurité (CNS). Son média a confirmé son arrestation, sans donner plus de précisions sur son sort. Cette vague d’arrestations intervient alors qu’aucune nouvelle information n’a été donnée sur Alain Traoré, chroniqueur du groupe Oméga Média, porté disparu depuis huit mois après avoir été enlevé par des individus non identifiés.
Le Burkina Faso n’est pas un cas isolé. Depuis 2020, au moins cinq journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au Mali, au Niger, au Tchad et au Burkina Faso. Plusieurs autres restent portés disparus, tandis que de nombreux médias ont été réduits au silence par des interdictions ou des suspensions arbitraires.
Cette situation alarmante a conduit la plateforme afro-européenne Médias & Démocratie à condamner fermement ces atteintes aux libertés fondamentales. « La liberté de la presse est l’un des piliers d’une société démocratique. Son érosion progressive dans la région du Sahel est une menace directe pour l’information indépendante et le droit des citoyens à être informés », a déclaré l’organisation dans un communiqué publié ce matin.
Alors que la communauté internationale reste largement silencieuse face à cette escalade, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la protection des journalistes et au respect des engagements internationaux en matière de liberté d’expression. Pour l’heure, la junte burkinabé reste inflexible, poursuivant son bras de fer avec la presse et restreignant de plus en plus l’espace médiatique du pays.
Source: mediasetdemocratie.com

Si vous ne voulez pas du président Ibrahim Traoré, prière nous l’envoyer ici chez nous en RDC, ou nous avons besoin d’un homme comme lui.