Le Réseau des Observateurs Citoyens (ROC) a présenté jeudi 10 avril 2025 son dispositif d’observation pour le scrutin présidentiel du 12 avril, lors d’une conférence de presse au Radisson Blu de Libreville. Cette initiative, menée en partenariat avec l’ONG Tournons la Page et soutenue par l’Union européenne, mobilisera plus de 200 observateurs à travers les neuf provinces du pays.

« Nous sommes engagés pour relancer le Gabon dans sa quête d’institutions démocratiques », a déclaré Jeanne Clarisse Dilaba, chef des Missions d’Observation électorales des OSC. S’appuyant sur les articles 124 à 126 du Code électoral, elle a rappelé le rôle essentiel de « sentinelle » que joue la société civile dans le processus électoral.
Un déploiement stratégique sur l’ensemble du territoire
La mission déploiera précisément 214 observateurs, dont 20 pour une observation à long terme, afin de couvrir l’ensemble du territoire gabonais. « Notre objectif est de garantir des élections transparentes et apaisées grâce à une synergie d’actions entre différentes structures », a expliqué Blanche Simonny Abeghe, Coordinatrice du ROC.

Le projet bénéficie du soutien financier de l’Union européenne à travers le programme PACEM, doté de 25 millions d’euros. Ce financement a notamment permis de former 130 leaders gabonais aux techniques de prévention des conflits selon la méthode LEAD. Parmi eux, 10 formateurs ont ensuite animé des ateliers dans plusieurs villes du pays, permettant la formation « en cascade » de 106 personnes supplémentaires, dont 42 femmes.
Lutte contre l’abstention et renforcement des capacités
Sentiment Ondo, coordinateur de Tournons la Page, a révélé avoir mené « une mission de mobilisation électorale qui visait à lutter contre l’abstention », touchant plus de 5 000 personnes à travers le pays, particulièrement auprès des leaders religieux. Son organisation, qui avait initialement prévu 250 observateurs, a dû revoir ce chiffre à la baisse en raison de difficultés liées aux pièces d’état civil.

« Notre ambition est de renforcer nos bases capacitaires en termes de compétences en observation électorale, jusqu’à obtenir le statut d’observateur auprès de l’Union africaine », a-t-il précisé, remerciant au passage le ministère de l’Intérieur pour sa confiance.
Une attention particulière aux médias
Le dispositif inclut également un volet médiatique important. Soixante-quinze professionnels ont été formés à Libreville et Port-Gentil pour pratiquer « un journalisme sensible aux conflits », dans le but de lutter contre les discours de haine et la désinformation qui pourraient compromettre la sérénité du scrutin.

« Cette mission est un outil crucial pour prévenir les tensions et garantir la crédibilité du scrutin », ont conclu les organisateurs, qui espèrent voir naître de cette expérience un « véritable observatoire des élections » avec des ambitions nationales et internationales.
Un rapport d’observation sera partagé un mois après l’élection présidentielle, permettant d’évaluer objectivement le déroulement du processus électoral dans son ensemble.
