Dans une conférence de presse empreinte d’émotion tenue ce mardi 15 avril à la salle de fête « Parvis des Hôtes » d’Ambowé, le Dr Stéphane Germain Iloko Boussiengui, candidat malheureux à l’élection présidentielle gabonaise, a présenté un bilan de sa campagne tout en démentant fermement certaines rumeurs et en annonçant la création d’une nouvelle formation politique.

Entouré de ses proches collaborateurs, Iloko Boussiengui a d’abord tenu à adresser ses remerciements à son équipe de campagne, notamment à son coordonnateur général, M. Idiata Richard, et à tous ceux qui l’ont accompagné durant cette période électorale. Un moment particulièrement émouvant est survenu lorsqu’il a publiquement honoré sa fille et directrice de campagne, Stéphanie Iloko épouse Tchimina, dans une déclaration chargée de symbolisme familial.

« Je l’ai fait pour que toute la République sache que nous ne sommes pas là pour faire une comédie. Nous sommes là pour respecter nos rites et coutumes », a-t-il expliqué, avant de déplorer que « pendant 56 ans, [le pays] n’a pas su mettre le mérite. Les médiocres ont occupé des places des plus méritants. Les vendeurs d’illusion ont occupé la place des hommes sérieux. »
Une campagne centrée sur l’action sociale

Le Dr Iloko Boussiengui a ensuite détaillé sa vision d’une « campagne électorale atypique », marquée par une forte dimension d’assistance sociale et sanitaire. « En toute humilité, nous avons assisté nos compatriotes qui ont été victimes d’inondations à Owendo », a-t-il rappelé, tout en soulignant que ces actions ont été menées « dans la discrétion totale » et sans recherche de publicité.
L’ancien « candidat du cœur » a également évoqué plusieurs initiatives médicales concrètes : achat de médicaments, évacuations sanitaires, consultations médicales organisées, notamment à Cocobeah qu’il qualifie de sa « deuxième ville ». « C’est ça la solidarité. Nous avons voulu être solidaires, nous avons voulu être le plus près possible pour la communauté », a-t-il insisté.
Mise au point sur des rumeurs persistantes
Dans un ton plus grave, le Dr Iloko Boussiengui a tenu à réfuter catégoriquement les accusations selon lesquelles il aurait été un « infiltré » visant à affaiblir Alain Claude Billie Bi Nzé. « Je n’ai jamais été instrumentalisé par quiconque », a-t-il affirmé avec force. « C’est lui qui m’a invité à le rejoindre. C’est lui qui m’a sollicité. C’est lui qui, in fine, m’a écarté. Pourquoi ? Parce que je le gênais. »

Il a alors solennellement demandé à « mon petit frère, le président Alain Claude Billie Bi Nzé de rétablir de manière publique la vérité, par respect pour l’opinion, par respect pour notre pays ».
Reconnaissance de la victoire présidentielle sous conditions
Malgré ses réserves sur les conditions du scrutin, le Dr Iloko Boussiengui a réaffirmé sa reconnaissance de la victoire du Général Brice Clotaire Oligui Nguema, tout en soulignant qu’elle s’est faite « sans égalité de moyens, sans transparence sur les financements, sans respect de l’équité républicaine ».
« J’ai saisi personnellement mon général président à ce sujet », a-t-il précisé. « Il n’est jamais trop tard pour restaurer la conférence parce que les candidats ont participé à la vitalité démocratique de notre pays. »

Adoptant un ton conciliant, il a déclaré avoir vu dans l’engagement du président « une dose de patriotisme, une dose d’honnêteté, une dose de sincérité », et a rappelé l’importance de l’unité nationale : « Le Gabon est un tout. Il y a de la place pour tous. Nous tous, nous sommes les fils du Gabon immortel. »
Naissance d’une nouvelle formation politique
A la fin de son allocution, le Dr Iloko Boussiengui a annoncé la création d’une nouvelle formation politique dénommée « Arc-en-ciel », signalant ainsi sa volonté de poursuivre son engagement politique malgré sa défaite électorale.
« À défaut de la présidence, croyez-moi, je resterai fidèle à ma mission. La mission de servir mon pays, la mission de travailler avec tous ceux et toutes celles qui aiment ce pays », a-t-il affirmé, promettant de « continuer à se battre pour un Gabon plus juste et prospère ».
Cette annonce marque un nouveau chapitre dans la carrière politique du médecin, déterminé à rester un acteur influent de la vie politique gabonaise dans les années à venir.
