Afrique : La bataille cruciale du REMAPSEN contre la mortalité néonatale

Face au fléau qui emporte près de 5 millions d’enfants avant leur cinquième anniversaire en Afrique centrale et occidentale, experts et professionnels de santé unissent leurs voix pour des solutions accessibles. Lors d’un webinaire organisé par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et l’environnement (REMAPSEN) en collaboration avec l’UNICEF, trois spécialistes ont exposé des stratégies concrètes pour inverser cette tendance alarmante.

 

« 4,8 millions d’enfants ne célèbrent pas leur 5e anniversaire », a alerté le Dr Kitamora Toumouni, spécialiste au bureau régional de l’UNICEF. Ces décès, représentant près de 40% de la mortalité infantile mondiale, sont principalement dus au paludisme, aux infections respiratoires, à la diarrhée, à la prématurité et à l’asphyxie. Pourtant, ces causes peuvent être combattues par « des soins simples, ne nécessitant pas beaucoup de moyens complexes », a-t-elle souligné.

 

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Le professeur Mariam Sylla, présidente de l’Association des Pédiatres d’Afrique francophone, a détaillé l’approche des « soins essentiels au nouveau-né ». Cette méthode préventive englobe un suivi médical de la grossesse jusqu’à la période postnatale : visites prénatales, conseils nutritionnels, plans d’accouchement, mesures d’hygiène rigoureuses, allaitement maternel exclusif et vaccination.

Ces soins immédiats et essentiels au nouveau-né, ne nécessitent qu’une formation de qualité du personnel de santé. « Il suffit que nous formions les agents de santé à ces soins essentiels pour réduire significativement la mortalité néonatale qui plombe nos indicateurs de santé infantile », a-t-elle affirmé.

 

Pour les cas plus complexes, le professeur Moctar Faye, vice-président de l’Association Néonatale Africaine, a insisté sur l’importance d’investir dans les unités de néonatalogie. « La mise à l’échelle des interventions pour les nouveau-nés petits et malades permettrait de sauver près de 750 000 vies à l’échelle mondiale », a-t-il déclaré.

Il préconise notamment la stratégie des « Soins Maternels Kangourou » et l’équipement de 90% des structures hospitalières de district avec des unités de néonatalogie de niveau 2, conformément aux recommandations de l’OMS.

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Les trois experts s’accordent sur un point fondamental : la formation du personnel médical et l’application rigoureuse de protocoles simples mais efficaces pourraient considérablement réduire ce bilan tragique, sans nécessiter d’investissements technologiques démesurés.

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