Punu-Nzebi : une vidéo polémique ravive les tensions ethniques sur les réseaux – l’appel à la justice pour préserver l’unité nationale

Une vidéo virale circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, mettant en scène un échange entre une jeune fille et une dame plus âgée à propos des relations historiques entre les peuples Punu et Nzebi. Au cœur de la controverse : des propos évoquant une période où, selon les dires de l’intervenante, l’un des deux groupes aurait « acheté des esclaves avec du sel ». Cette séquence, largement relayée et commentée, a suscité une vague d’indignation, alimenté des débats passionnés, et, dans certains cas, des messages haineux qui menacent la cohésion nationale.

Ce contenu, interprété par beaucoup comme une tentative de raviver des blessures historiques et de semer la division entre deux peuples frères du Sud du Gabon, a provoqué une onde de choc, tant au sein des communautés concernées que dans l’opinion publique nationale.

 

Si les faits historiques liés à la traite locale et aux anciens systèmes d’échange entre groupes ethniques méritent d’être étudiés avec rigueur et nuance, leur traitement dans un format léger, voire moqueur, sur les réseaux sociaux soulève des interrogations sur la responsabilité individuelle et collective dans la préservation du vivre-ensemble.

Les spécialistes s’accordent à dire que les relations entre les Punu et les Nzebi, bien que complexes et marquées par des épisodes historiques variés, sont aussi faites de cohabitation, d’alliance, de parenté et de résistance commune à la colonisation. Réduire ce tissu historique à des anecdotes caricaturales risque non seulement de le déformer, mais aussi de créer des fractures inutiles dans une société gabonaise déjà fragile sur le plan identitaire.

Face à l’ampleur de la polémique, plusieurs voix s’élèvent et appellent à une intervention des autorités judiciaires. Il s’agit, selon eux, non pas de censurer la liberté d’expression, mais d’encadrer les dérives qui peuvent porter atteinte à la paix sociale.

« Nous ne devons pas banaliser les discours qui peuvent rallumer les tensions ethniques. Il est temps que la justice joue son rôle pour rappeler que la liberté d’expression ne doit pas être une arme contre l’unité nationale », a déclaré un responsable communautaire de la Ngounié.

 

Cette affaire révèle aussi un vide : celui de l’éducation populaire à l’histoire nationale et de la construction d’un récit commun gabonais. Il devient urgent de réhabiliter les mécanismes de transmission intergénérationnelle dans le respect, mais aussi d’introduire dans les écoles et les médias des contenus pédagogiques adaptés, qui permettent de comprendre les subtilités du passé sans tomber dans la provocation ni la désinformation.

 

Franck Charly Mandoukou

Directeur de la publication, Journaliste libre et indépendant. Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...