Le Dr Stéphane Germain Iloko Boussiengui plaide pour l’unité et la légitimité démocratique

À la veille de l’investiture historique de Brice Clotaire Oligui Nguema, élu président de la République gabonaise avec un score inédit de 94,85 % des voix, le Dr Stéphane Germain Iloko Boussiengui est monté au créneau pour défendre la légitimité du processus électoral et dénoncer les prises de parole de certains anciens dignitaires du régime déchu, dont Ali Akbar Onanga et Alain-Claude Bilie-By-Nze.

 

IMG 20250503 WA0183

Un contexte politique sous haute tension

 

Le scrutin présidentiel du 12 avril 2025 s’est tenu dans un climat de transition, moins de deux ans après le coup d’État d’août 2023 qui avait mis fin à plus d’un demi-siècle de règne de la famille Bongo. Pour beaucoup, ce scrutin devait marquer le retour à l’ordre constitutionnel et ouvrir une nouvelle ère politique, sous l’égide d’une Cinquième République plébiscitée par référendum en décembre 2024.

 

Pourtant, cette victoire écrasante de Brice Clotaire Oligui Nguema, ex-général putschiste devenu président de la transition, n’a pas fait taire toutes les contestations. Une frange du Parti Démocratique Gabonais (PDG), menée par Ali Akbar Onanga et Francis Nkea Ndzigue, a qualifié l’élection de « mascarade » et dénoncé un processus « vidé de sa substance démocratique » du fait, selon eux, d’une exclusion de forces politiques majeures et d’une instrumentalisation des institutions électorales. Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et candidat malheureux, a lui aussi critiqué la continuité d’un système qui, selon lui, perpétue la précarité et la pauvreté.

 

La réponse ferme du Dr Iloko Boussiengui

 

Dans sa déclaration, le Dr Iloko Boussiengui, arrivé cinquième à la présidentielle et désormais positionné comme figure de rassemblement, a opposé une fin de non-recevoir à ces accusations. Il a rappelé que l’élection avait été saluée pour sa transparence et sa crédibilité, et que le peuple gabonais avait fait un choix massif, clair et sans équivoque en faveur d’Oligui Nguema. Il a qualifié les allégations de crise politico-juridique de « dérives » motivées par la frustration et l’incapacité à accepter la volonté populaire.

1746267290919

« Soyons clairs, il n’existe aucun imbroglio politico-judiciaire au Gabon. Ce que certains s’évertuent à présenter comme une crise n’est que l’écho de leur propre frustration politique et de leur incapacité à accepter sereinement la volonté du peuple souverain », a-t-il martelé.

 

Le Dr Iloko a également dénoncé le refus d’Alain-Claude Bilie-By-Nze d’assumer la fonction de chef de l’opposition, rôle institutionnellement attribué au candidat arrivé en deuxième position, y voyant une « désinvolture institutionnelle » qui fragilise l’équilibre démocratique en construction.

 

Un appel à l’unité et à la maturité politique

 

Au-delà de la polémique, la déclaration du Dr Iloko Boussiengui se veut un appel à la responsabilité, à la loyauté républicaine et au dépassement des clivages. Il a salué la maturité du peuple gabonais, la mobilisation des forces vives de la nation, et a invité l’ensemble de la classe politique à « faire preuve de hauteur et de patriotisme » à l’heure où le pays s’apprête à tourner la page du système Bongo et à entrer officiellement dans la Cinquième République.

 

L’investiture de Brice Clotaire Oligui Nguema, prévue ce samedi 3 mai à Libreville, sera marquée par la présence de nombreux chefs d’État africains, témoignant du regain d’intérêt diplomatique pour le Gabon et de la volonté du nouveau régime de s’ouvrir à la communauté internationale.

 

 Entre rupture et continuité, un enjeu de légitimité

 

La sortie du Dr Iloko Boussiengui illustre la fracture profonde qui traverse la classe politique gabonaise à l’issue de cette transition. D’un côté, les partisans du nouveau pouvoir, portés par l’espoir d’un renouveau institutionnel et d’une stabilité retrouvée. De l’autre, les nostalgiques du régime Bongo et les opposants qui dénoncent une confiscation du pouvoir sous couvert de réforme.

 

Si la nouvelle Constitution et la victoire écrasante d’Oligui Nguema semblent clore un chapitre, la question de la légitimité démocratique reste posée, tant le score du vainqueur et l’absence d’une opposition structurée interrogent sur la vitalité du pluralisme politique au Gabon. La capacité du nouveau régime à organiser des élections législatives ouvertes et à garantir l’alternance sera le véritable test de cette « renaissance politique » saluée par le Dr Iloko Boussiengui.

 

En attendant, l’heure est à la célébration d’une investiture inédite, porteuse d’espérance pour une nation en quête de réconciliation et de stabilité.

redacteur

Redacteur en Chef