Subvention à la presse 2024 : le CPPPL dénonce des incohérences et exige un audit

En marge de la fête du travail, le Cercle des Patrons de la Presse Privée en Ligne (CPPPL) a livré une déclaration ferme et sans concession sur la répartition de la subvention d’aide à la presse pour l’année 2024, dénonçant de profondes irrégularités et appelant à des réformes urgentes dans la gouvernance du secteur médiatique.

Par la voix de son porte-parole, le CPPPL a d’abord salué le courage des travailleurs du secteur, soulignant que « le travail bien fait » doit rester la boussole d’un engagement commun pour l’économie nationale, alors que le Gabon s’engage dans les réformes de la Vᵉ République.

 

Mais l’essentiel du message a porté sur la gestion de la subvention allouée aux médias. Selon les chiffres avancés par l’organisation, sur 62 dossiers étudiés pour la presse en ligne, seuls 42 auraient été retenus comme éligibles, contre 27 sur 41 pour la presse écrite, soit un total de 69 médias. Un chiffre qui contredit les 79 médias annoncés par le ministère de la Communication et des Médias, créant une « incohérence manifeste », déplore le CPPPL.

 

Le flou s’épaissit autour des montants annoncés. Si l’enveloppe globale s’élevait officiellement à 500 millions de francs CFA, les déductions opérées au profit du Trésor Public (15 %, soit 75 millions FCFA) et de la Commission (10 %, soit 42,5 millions FCFA) ont réduit le montant à 382,5 millions. Pourtant, le ministère a évoqué une répartition de 400 977 000 FCFA, en contradiction avec les sommes disponibles, faisant ainsi grimper le total annoncé à 527 millions de FCFA, soit 27 millions de plus que prévu.

 

Le CPPPL pointe également l’absence des observateurs internationaux annoncés, notamment l’UNESCO, l’OIF et la Primature, qui auraient décliné leur participation à la clé de répartition, tout comme l’acceptation de toute indemnité.

 

Face à ces irrégularités, le CPPPL formule plusieurs revendications : la publication de la liste officielle des médias bénéficiaires, la mise en place d’une commission indépendante intégrant le ministère, la HAC et des représentants de la presse, ainsi que l’audit de la subvention 2024. Il réclame en outre son droit à la présidence tournante du comité d’organisation de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

 

Dans une posture résolument combative, le CPPPL prévient : « Notre organisation ne doit pas se laisser faire et ne se laissera pas faire ». Elle appelle à une mobilisation collective pour améliorer les conditions de vie des professionnels des médias, dans un contexte où l’égalité des chances et le mérite doivent redevenir les piliers d’un secteur en quête de légitimité et de transparence.

 

Enfin, le CPPPL conclut sa déclaration en saluant la date symbolique du 3 mai 2025, choisie pour l’investiture du président élu Brice Clotaire Oligui Nguema, comme un hommage à la presse nationale et internationale.

Rachel BILLOGUE

Journaliste, rédactrice Gabon infos,Toute l'information du Gabon. Les dernières actus, la politique, l'économie, la société, la culture, la justice, les faits divers...