Dans les locaux de la Chambre de commerce du Gabon, une initiative ambitieuse a pris forme hier, rassemblant acteurs de la société civile, chercheurs et producteurs autour d’un défi majeur : faire de l’agroécologie le fer de lance de la préservation du bassin du Congo.
Un Plaidoyer Structuré pour l’Avenir
Organisée par l’Alliance pour la Sécurité en Agro (ARSA) en partenariat avec l’ONG Gabon Environnement, cette formation stratégique vise à transformer le paysage agricole gabonais. Franck Kopangoye, coordinateur de l’initiative, ne cache pas ses ambitions : « Pour la biodiversité et l’agroécologie, nous organisons une formation sur le plaidoyer destinée aux acteurs de la société civile qui vise à renforcer leur capacité en termes de plaidoyer politique pour promouvoir l’agroécologie comme approche fondée sur le droit au système alimentaire du Gabon. »

L’objectif est clair : équiper les participants d’outils concrets pour influencer les politiques nationales et faire reconnaître l’agroécologie comme une solution durable aux défis environnementaux et alimentaires du pays.
Cinq Résultats Attendus pour un Impact Durable
Kopangoye détaille une feuille de route précise en cinq points : « Premièrement, renforcer les capacités de la société civile et des acteurs communautaires pour analyser et influencer les politiques liées à l’agroécologie. Deuxièmement, élaborer un projet stratégique national de plaidoyer pour l’agroécologie propre au Gabon. »

Il poursuit : « Nous voulons également renforcer les alliances et les réseaux nationaux d’agroécologie pour un plaidoyer couronné de succès, et surtout que la société civile nationale ait une meilleure compréhension du concept et des principes de l’agroécologie pour influencer efficacement les politiques nationales. »
L’Urgence Climatique au Cœur des Débats
Joséphine Atangana, facilitatrice et figure emblématique de la Coalition pour le Bassin du Congo et l’Agroécologie Inclusive (COBCAI), a rappelé l’urgence de la situation. « Le bassin du Congo est au cœur des défis climatiques et alimentaires mondiaux », a-t-elle martelé, insistant sur la nécessité d’un engagement collectif pour préserver cette forêt équatoriale vitale pour la planète.

Face aux participants – producteurs, commerçants, défenseurs des droits fonciers, cuisiniers -, elle a souligné l’importance d’une approche inclusive : , »Cette formation concerne chacun d’entre vous, quel que soit votre domaine d’activité. »
Une Vision Globale, des Solutions Locales
Cette initiative gabonaise illustre parfaitement comment des solutions locales peuvent répondre à des enjeux planétaires. L’agroécologie y est présentée non comme une simple technique agricole, mais comme un véritable modèle de développement intégrant justice sociale, résilience environnementale et sécurité alimentaire.

La diversité des participants – chercheurs, agriculteurs, ONG, acteurs privés – témoigne de l’ampleur de la mobilisation autour de cet enjeu crucial. Cette formation marque une étape décisive vers un avenir où agriculture et nature cohabitent harmonieusement.
Un Message Fort pour la Planète
En plaçant l’agroécologie au centre des débats nationaux, le Gabon envoie un signal fort à la communauté internationale : la préservation du bassin du Congo passe par une transformation profonde des pratiques agricoles, portée par une société civile formée et mobilisée.
Reste désormais à concrétiser ces ambitions sur le terrain, en espérant que les décideurs politiques sauront répondre à cet appel vibrant lancé par les acteurs de la base pour construire un modèle agricole durable et respectueux de l’environnement.
