Le Gabon tourne une page importante de sa coopération halieutique avec l’Union Européenne. Réuni en Conseil des Ministres, le Gouvernement a acté la dénonciation formelle de l’Accord de Partenariat dans le secteur de la pêche, signé en 2007 avec Bruxelles. Cet accord permettait à des navires européens, notamment espagnols et français, de pêcher dans les eaux maritimes gabonaises moyennant une compensation financière annuelle.
Mais près de deux décennies après sa signature, le bilan est jugé déséquilibré. Les dernières évaluations menées par les autorités nationales pointent une répartition inéquitable des bénéfices, largement défavorable au Gabon. Les retombées économiques et sociales attendues enforcement des capacités locales, transfert de technologies, développement de la pêche artisanale — n’ont pas été au rendez-vous.
« Le Gabon n’a pas vocation à brader ses ressources marines, encore moins à sacrifier ses écosystèmes pour des accords mal équilibrés », commente une source proche du Ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue.
Conformément à l’article 13 dudit accord, la dénonciation sera notifiée dans les délais requis à la Commission européenne. Cette décision marque un tournant stratégique dans la gouvernance des ressources halieutiques nationales. Elle ouvre également la voie à la redéfinition d’une politique maritime plus souveraine et durable, en phase avec les ambitions d’une économie bleue au service des populations gabonaises.
Cette rupture envoie un signal fort : le Gabon entend désormais négocier ses partenariats sur la base d’un strict respect de ses intérêts, de la préservation de son environnement marin et d’un meilleur partage de la valeur générée par ses ressources naturelles.
