À Sipopo, station balnéaire de la périphérie de Malabo devenue le temps d’un week-end la capitale diplomatique d’Afrique centrale, les chefs d’État de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) se sont retrouvés samedi 7 juin pour la 26ᵉ session ordinaire de l’organisation. Autour du thème : « Consolider les acquis de la réforme de la CEEAC pour accélérer l’intégration régionale et la construction d’une communauté de destin », ils ont dressé le bilan d’un chantier institutionnel amorcé il y a plusieurs années.
Dans son discours inaugural, Obiang Nguema Mbasogo, président en exercice a insisté sur la « nécessité d’une mobilisation collective » face à des défis persistants : poches d’insécurité, crises humanitaires et lenteur du développement. « Notre responsabilité est de traduire nos décisions politiques en actions visibles pour nos populations », a-t-il lancé, rappelant que la stabilité reste le préalable à tout projet économique régional.
L’autre moment fort a été l’hommage rendu au président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, présent à Sipopo. Les dirigeants de la sous-région ont « vivement félicité » le chef de l’État pour gabonais « la bonne conduite » du processus ayant conduit au référendum constitutionnel du 16 novembre 2024 puis à l’élection présidentielle du 12 avril 2025. La CEEAC « accompagnera le Gabon afin de consolider les acquis », a assuré la Conférence, qui a également salué la transition tchadienne.
La conférence a pu compter sur la présence du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale et du président de la Commission de l’Union africaine, tous deux venus réaffirmer le soutien des partenaires multilatéraux.
Avant de se séparer, les dirigeants ont formé le vœu que les scrutins prévus en 2025 au Gabon (législatives), au Cameroun et en République centrafricaine se déroulent « dans le même climat apaisé » que les récents votes gabonais et burundais. Un message qui reflète la volonté de la CEEAC de se positionner comme acteur clé de la prévention des crises sur le continent.
En reconduisant Obiang Nguema Mbasogo à sa présidence tournante, la CEEAC se donne douze mois supplémentaires pour transformer l’essai. Réforme institutionnelle, mise en route du Parlement et de la Cour des comptes, sécurisation des frontières maritimes : autant de chantiers qui devront commencer à porter leurs fruits avant la prochaine session ordinaire, attendue en 2026.
