Dans une déclaration solennelle, le ministre de l’Intérieur Hermann Immongault a levé le voile sur le parcours minutieusement balisé qui doit conduire le Gabon à l’organisation, le 27 septembre prochain, de ses premières élections législatives et locales sous la Cinquième République. Ce rendez-vous électoral, annoncé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema lors de son investiture le 30 mai dernier, s’inscrit dans la continuité d’une transition ouverte après les événements d’août 2023.
Au cœur du dispositif : la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER). Créée par l’arrêté n°002 du 27 mai 2025 et dotée de douze membres assermentés depuis le 9 juillet, la CNOCER sera l’ossature technique et logistique du processus. Elle travaillera de concert avec l’Autorité de contrôle des élections et du référendum (ACER), dont les neuf nouveaux commissaires seront sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures ouvert du 14 au 21 juillet.
Révision des listes : un mois pour s’inscrire ou actualiser ses données
Du 14 juillet au 12 août, les électeurs disposeront d’un créneau de dix-huit journées ouvrables de 8 h à 18 h pour vérifier leur inscription, signaler un changement de centre de vote ou encore notifier le décès d’un proche. Les jeunes ayant atteint 18 ans et titulaires d’un Numéro d’identification personnel (NIP) seront automatiquement enrôlés ; ils n’auront qu’à choisir leur bureau de vote via un formulaire simplifié.
Des commissions locales installées avant le 26 juillet
Conformément à l’article 18 du nouveau Code électoral (loi organique n°001/2025), les commissions électorales locales et leurs membres prêteront serment au plus tard le 26 juillet. À l’étranger, les Gabonais voteront pour deux sièges de députés : un pour la zone Afrique, un autre couvrant Europe, Amérique, Asie et Océanie.
Dépôt des candidatures : 27 juillet 7 août
Le décret n°293/PR/LISD redéfinit la fenêtre de dépôt des dossiers : les aspirants députés et conseillers locaux devront soumettre leurs candidatures du 27 juillet au 7 août. L’examen des dossiers se fera en cascade : d’abord par les commissions locales (8-10 août), puis par la CNOCER, l’ACER et les juridictions compétentes jusqu’au 27 août, date-butoir fixée pour la proclamation des listes définitives.
Deux tours pour les législatives
La campagne du premier tour se tiendra du 17 au 26 septembre, immédiatement suivie du scrutin du 27 septembre, couplé à l’élection des conseils municipaux et départementaux. En l’absence de majorité absolue, un second tour des législatives est prévu le 11 octobre, précédé d’une nouvelle période de campagne du 1er au 10 octobre.
« Transparence, inclusion, apaisement »
Clôturant sa déclaration, Hermann Immongault a insisté sur la « responsabilité collective » qui incombe aux institutions, aux partis politiques et aux citoyens : « La réussite de ces élections repose sur l’implication de tous. Le ministère de l’Intérieur reste mobilisé pour garantir un processus transparent, inclusif et apaisé », a-t-il assuré.
Avec ce calendrier désormais gravé dans le marbre, le Gabon entre dans la dernière ligne droite d’un chantier politique majeur : jeter les fondations effectives de sa Cinquième République d’ici janvier 2026.
