Dans les cases traditionnelles d’Afrique de l’Ouest, les grand-mères racontent depuis des siècles des histoires qui rythment la vie communautaire. Aujourd’hui, ces récits ancestraux pourraient bien devenir l’arme secrète des experts en santé publique pour promouvoir l’allaitement maternel exclusif, une pratique vitale mais encore trop négligée sur le continent. C’est ce qu’a montré le webinaire organisé ce vendredi 7 août par le REMAPSEN.
Le Réseau des médias REMAPSEN, présidé par M. Bamba, a organisé un webinaire réunissant experts en santé publique, journalistes et acteurs communautaires afin de débattre des enjeux, défis et solutions autour de l’allaitement maternel. Les échanges, animés par M. Simeon Nanama sur l’importance de l’allaitement pour la nutrition et la santé des nouveau-nés, ont rappelé ses bénéfices multiples : nutritionnels, immunitaires, cognitifs, physiques et émotionnels, ainsi que son rôle de prévention contre certaines maladies chroniques.
« Le conte va parler au cœur, pas seulement à la raison », explique le Dr Soliou Badarou, médecin de santé publique qui défend une approche révolutionnaire : marier traditions et science moderne pour sauver des vies d’enfants. Car derrière cette proposition se cache une réalité dramatique révélée lors d’un récent webinaire de l’UNICEF : les bébés non allaités exclusivement ont quinze fois plus de risques de mourir de pneumonie.

M. Siméon Nanama, conseiller régional en nutrition pour l’UNICEF, ne mâche pas ses mots : « Le sein d’une mère est le premier plat du monde ». Cette formule, qui pourrait sembler poétique, cache une vérité scientifique implacable. Le lait maternel contient la totalité des nutriments nécessaires au développement de l’enfant, tandis que le colostrum agit comme un « premier vaccin naturel » contre les infections respiratoires et la diarrhée.
Pourtant, malgré ces bénéfices avérés, l’allaitement exclusif pendant six mois reste un défi majeur en Afrique. Les obstacles sont multiples : poids des croyances traditionnelles parfois erronées, influence pernicieuse du marketing des laits maternisés, conditions de travail défavorables aux jeunes mères, et surtout, manque cruel de soutien familial et communautaire.

C’est là que l’innovation du Dr Badarou prend tout son sens. Plutôt que d’imposer des messages sanitaires venus d’ailleurs, il propose de partir des acquis culturels pour mieux ancrer les bonnes pratiques. Les contes, par leur capacité à créer des images mentales durables et à susciter l’émotion, peuvent transformer la perception de l’allaitement maternel au sein des communautés.
Cette approche culturelle permet également de déconstruire certaines croyances néfastes tout en respectant la sagesse ancestrale. Ainsi, la croyance populaire selon laquelle les rapports sexuels pendant l’allaitement contamineraient le lait maternel relève du mythe : seules les infections réelles représentent un danger pour l’enfant.
L’enjeu dépasse largement le cadre sanitaire. Selon un rapport d’Oxford de 2023 cité par le Dr Badarou, l’allaitement exclusif constitue un formidable levier économique. Un enfant allaité exclusivement génère moins de dépenses de santé, contribuant ainsi à réduire la pauvreté des ménages tout en renforçant le capital humain national.
« L’allaitement maternel n’est pas l’affaire des mères uniquement », martèle le Dr Badarou. Cette responsabilité collective implique les pères, les familles élargies, les communautés et même les décideurs politiques. Car contrairement aux idées reçues, un bébé n’a besoin d’aucun apport hydrique supplémentaire : le lait maternel, composé à plus de 80% d’eau, suffit même par forte chaleur.
L’innovation réside dans cette « co-création » de solutions avec les communautés, mêlant contes traditionnels, médias modernes, réseaux sociaux et bandes dessinées. Une approche qui pourrait inspirer bien au-delà des frontières africaines, car comme le souligne le Dr Badarou, « même en Europe, la question de l’allaitement maternel est une priorité ».
L’allaitement est plus qu’un geste biologique : c’est un acte collectif, enraciné dans la culture et le bien-être sociétal », a résumé un participant. Les intervenants ont unanimement recommandé l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, sans ajout d’eau ni de tisane, pour réduire la mortalité infantile et préserver la santé des mères.
Les discussions ont mis en lumière plusieurs obstacles : croyances culturelles limitant le colostrum, influence du marketing des substituts de lait, manque de soutien médical, absence d’aménagements sur les lieux de travail, et déficit de données fiables. Pour y répondre, Dr Soliou Badarou a plaidé pour un ancrage des messages de santé dans les pratiques et valeurs africaines, notamment via les contes et autres approches culturelles : « L’allaitement maternel n’est pas l’affaire des mères uniquement. » Les journalistes Mme Ambrozine Memedé, M. Bouraïma Stanga, Mme Élise Janine Lugo, M. Christophe Balina, Mme Fanta Diakite, M. Sergile Réma, M. Abbas Titi Lola, M. Michael Mukwangi Mukala, Mme Trinité Zong et M. Dieu Donné Soudabi ont interrogé les experts sur des thèmes variés : espacement des naissances, impact économique, conservation du lait, croyances culturelles, allaitement en cas de césarienne, en contexte d’insécurité alimentaire ou en orphelinat.
Les médias ont été identifiés comme de puissants alliés pour diffuser des messages adaptés, contrer les idées fausses et créer l’émotion nécessaire à l’adhésion sociale. Mme Hidé a insisté sur le rôle des journalistes dans la vulgarisation des informations fiables, tandis que Dr Badarou a souligné l’importance de la co-création avec les communautés et l’implication des pères, leaders et décideurs dans la chaîne de soutien. Les experts ont appelé à un engagement massif de la presse et des acteurs communautaires afin de transformer les perceptions et d’augmenter les taux d’allaitement exclusif. Avec une mobilisation coordonnée, ont-ils conclu, l’Afrique peut garantir un meilleur départ dans la vie à ses enfants et renforcer son capital humain.
faire de même
Le Réseau des médias REMAPSEN, sous la présidence de M. Bamba, a récemment organisé un webinaire crucial réunissant experts en santé publique, journalistes et acteurs communautaires autour de l’allaitement maternel en Afrique. Animée par M. Simeon Nanama, la discussion a mis en lumière les multiples bienfaits de l’allaitement, notamment nutritionnels, immunitaires, cognitifs, physiques et émotionnels, tout en rappelant son rôle essentiel dans la prévention de certaines maladies chroniques. Un intervenant a résumé la portée de l’allaitement en soulignant qu’il dépasse le simple geste biologique pour devenir un acte collectif, profondément enraciné dans la culture et le bien-être sociétal. Tous se sont accordés sur l’importance de l’allaitement exclusif jusqu’à six mois, sans eau ni tisane, pour réduire la mortalité infantile et préserver la santé des mères.
Les échanges ont également permis de mettre en avant plusieurs obstacles persistants à la pratique optimale de l’allaitement en Afrique. Parmi eux, les croyances culturelles limitant la consommation du colostrum, l’influence du marketing des substituts de lait, le faible soutien médical, l’absence d’aménagements adaptés dans les lieux de travail, ainsi que le manque de données fiables. Pour surmonter ces défis, le Dr Soliou Badarou a insisté sur la nécessité d’ancrer les messages de santé dans les pratiques et valeurs africaines, par exemple à travers les contes et autres approches culturelles, en rappelant que « l’allaitement maternel n’est pas l’affaire des mères uniquement ». Plusieurs journalistes du REMAPSEN, dont Mme Ambrozine Memedé et M. Abbas Titi Lola, ont interrogé les experts sur des sujets variés tels que l’espacement des naissances, l’impact économique, la conservation du lait, ou encore l’allaitement en contexte de césarienne, d’insécurité alimentaire ou en orphelinat.
Le rôle des médias a été unanimement reconnu comme central dans la promotion de l’allaitement maternel. Mme Hidé a souligné l’importance des journalistes dans la vulgarisation d’informations fiables, tandis que le Dr Badarou a insisté sur la co-création avec les communautés et l’implication des pères, leaders et décideurs pour bâtir une chaîne de soutien complète. Les experts ont ainsi appelé à un engagement massif de la presse et des acteurs communautaires afin de déconstruire les idées reçues, diffuser des messages adaptés et susciter l’adhésion sociale. Ils ont conclu que, grâce à cette mobilisation collective et coordonnée, l’Afrique pourra offrir à ses enfants un meilleur départ dans la vie tout en renforçant son capital humain.
En transformant les récits ancestraux en vecteurs de santé publique, l’Afrique pourrait bien montrer la voie d’une médecine préventive respectueuse des cultures locales. Une révolution douce qui, conte après conte, sauvera des milliers de vies d’enfants.

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