La cité SNI de Bikélé a été le théâtre d’une résistance politique inattendue, vendredi, lorsque l’équipe de campagne de la coalition MCVL-PSU, menée par Emmanuel Mvé Mba, a transformé une tentative de boycott en tribune populiste. Malgré une interdiction municipale de utiliser la tribune officielle et un refat d’accès à un espace par des représentants de la Société Nationale Immobilière (SNI), le meeting s’est tenu sous une atmosphère électrique, cristallisant les frustrations des habitants et la détermination des candidats.

Face à ces obstacles perçus comme une manœuvre d’intimidation, la ténacité de l’équipe a payé. Le meeting a finalement rassemblé les sympathisants au cœur de la Cité SNI même, où Parfait Ndong Mba, directeur de campagne, a immédiatement situé le combat en dénonçant les « injustices liées à l’accession au logement ». Il a qualifié de « véritable escroquerie » les prix pratiqués dans la cité, pointant du doigt des conditions de vie précaires avec des « routes impraticables » et un « manque d’eau potable ».
Dans un portrait élogieux, il a présenté Emmanuel Mvé Mba comme « une puissance, un bulldozer » et « une bénédiction de Dieu », rappelant son long engagement en faveur des opprimés. Un témoignage marquant d’un habitant de Bizango-Rail est venu étayer ses propos : « Ici, Emmanuel, c’est un roi. On n’a pas besoin de faire sa campagne. Si nous avons encore nos maisons, c’est grâce à lui », a affirmé ce dernier, évoquant l’intervention du candidat pour régulariser la situation de populations menacées d’expulsion.

Prenant la parole, Emmanuel Mvé Mba a fustigé les élus sortants, les qualifiant de « peureux » et d’« esclaves politiques », et a assuré qu’il ne serait « jamais sous tutelle ». Il a présenté sa méthode : organiser, s’il est élu, des consultations populaires pour que « chaque zone, avec ses problèmes spécifiques, amende des solutions ». Surtout, il a annoncé deux propositions de loi phares : le relèvement de l’allocation familiale à 25 000 F CFA par mois et par enfant pour toutes les familles, et la création d’une indemnité chômage pour les jeunes diplômés.

Édith Nanou Mawili, sa suppléante et résidente de Bikélé, a incarné l’ancrage local. « Je suis heureuse de vous voir nombreux aujourd’hui, parce que je comprends que nous avons tous besoin de changement », a-t-elle déclaré, décrivant une cité qui « ressemble à une cité fantôme ». Convaincue que la transformation passe par une présence dans les instances de décision, elle a promis d’être le « porte-étendard de mes voisins, de ma cité ».

Emmanuel Mvé Mba a conclu en revenant sur le changement de régime, saluant un acte qui a permis de « parler sans gants ». Il a mis en garde contre les alliances trompeuses, assimilant l’UDB à l’ancien parti au pouvoir, le PDG : « Un serpent peut changer de pomme une fois, il reste serpent ». Se définissant comme un « enseignant de formation » et un « carboné de souche », il a comparé son combat à celui de David contre Goliath, affirmant agir sous une inspiration divine pour libérer l’arrondissement.

Cette rencontre, née d’un interdit, a finalement offert à la coalition MCVL-PSU une puissante caisse de résonance pour incarner la rupture et porter un message social directement aux habitants qui se sentent marginalisés. La bataille pour le 3e arrondissement de Ntoum s’annonce plus que jamais serrée.
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