En ce 26 septembre 2025, c’est avec un soupçon d’ironie que la Cour constitutionnelle, par la voix solennelle de la juge Marie Blanche Boumbendje Ngonde – ou Mbabiri pour les intimes – a livré au pays son dernier décret révolutionnaire : oublions donc cette fâcheuse habitude d’authentifier chaque bulletin de vote, sous peine de voir les bureaux s’éterniser dans un ballet bureaucratique digne d’un feuilleton interminable. Car, figurez-vous, dans les grandes agglomérations gabonaises, une véritable invasion de candidats s’est abattue sur les urnes, offrant aux assesseurs un casse-tête grandeur nature avec des centaines, voire des milliers de bulletins à signer, tamponner, valider… Bref, un travail de titan qui aurait transformé cette journée électorale en une farandole interminable de signatures.
Et voilà donc qu’en une pirouette magistrale, notre Cour constitutionnelle, gardienne des institutions et des règles du jeu démocratique, nous offre la clé du mystère : la liberté totale d’utiliser, si bon leur semble, des bulletins non authentifiés. Là où la loi ordonne rigueur et contrôle, la Cour installe l’improvisation et le laissez-faire, comme pour nous rappeler que la démocratie gabonaise, elle aussi, sait prendre des libertés avec les règles. Qui aurait cru qu’un tel acte d’insouciance administrative serait recommandé par la plus haute autorité juridique du pays ? L’économie de temps et la fluidité du vote – ô combien louables – semblent désormais primer sur la rigueur et la transparence.
Ne serait-ce pas là la nouvelle tendance électorale : voter avant tout dans un élan de spontanéité, sans se soucier des banales formalités ? Peut-être assisterons-nous bientôt à l’émergence d’un système où l’authenticité des bulletins serait un détail relégué aux archives poussiéreuses de la bureaucratie du siècle passé. Tout ceci sous le regard attendri de la juge Boumbendje Gonde, qui, à travers ce geste héroïque, sauve les Gabonais du calvaire d’une attente infinie derrière une table de vote.
Alors demain, lorsque vous glisserez votre bulletin dans l’urne, souvenez-vous que ce geste se fait sous le sceau de la tolérance constitutionnelle à l’improbable, au non-contrôlé, à l’imparfait. L’élection gabonaise devient dès lors un subtil mélange de rigueur affichée et d’audace décontractée. Une démocratie à la carte, où le goût du risque et la légèreté côtoient avec élégance la solennité des urnes.
C’est certain, la prochaine fois qu’un candidat se plaindra de l’arbitraire du système électoral, il pourra toujours se consoler en se disant qu’au moins, dans ce chaos organisé, le vote coule plus vite que les longues minutes d’attente. En attendant, rendez-vous ce 27 septembre pour vivre cette grande fête de la démocratie… sans les tampons.
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