Au Gabon, la Mission d’Observation de la Diaspora Africaine défend le processus électoral et appelle au calme

Alors que la République Gabonaise vient d’achever le premier tour de ses élections législatives et locales, une voix s’élève depuis l’Europe pour défendre l’intégrité du processus démocratique en cours. Face aux critiques visant les autorités électorales du pays, la Mission d’Observation Électorale de la Diaspora Africaine en Europe a publié un vibrant appel à l’apaisement, invitant les acteurs politiques et le peuple gabonais à la retenue.

 

 

Le ton est sans équivoque. Dans un communiqué publié après le scrutin du 27 septembre dernier, la Mission d’Observation refuse catégoriquement ce qu’elle qualifie de « cabale » menée contre les autorités électorales gabonaises, et particulièrement contre le Ministère de l’Intérieur. Pour cette organisation dont la vocation est d’observer les processus électoraux africains depuis l’étranger, les appels à la démission qui se multiplient dans le pays relèvent d’une incompréhension profonde de ce qu’implique la construction démocratique.

 

Car c’est bien de construction dont il s’agit. Depuis le référendum du 16 novembre 2024, le Gabon de la cinquième République enchaîne les scrutins dans un calendrier électoral inédit qui a vu se succéder l’élection présidentielle d’avril dernier et désormais ces législatives et locales. Un marathon démocratique après des décennies d’élections contestées, que la Mission d’Observation salue comme une preuve de « maturité politique » du pays. L’engouement des candidatures, la ferveur des campagnes, la mobilisation populaire : autant de signaux qui témoigneraient, selon l’organisation, de l’adhésion du peuple gabonais à ce processus de transition.

 

Mais voilà, quelques dysfonctionnements sont apparus lors du premier tour. Des imperfections que la Mission ne nie pas, tout en soulignant qu’elles sont « inhérentes à toutes élections » et ne sauraient « discréditer le processus électoral » dans son ensemble. C’est précisément sur ce point que la posture de l’organisation devient intéressante, presque pédagogique. En évoquant l’élection américaine de 2000 entre George W. Bush et Al Gore, avec ses bulletins de vote contestés en Floride et son imbroglio judiciaire, la Mission rappelle qu’aucune démocratie, même parmi les plus anciennes, n’est à l’abri de ratés électoraux. « Pourtant, aucune autorité, aucun responsable n’a été forcé de démissionner », souligne-t-elle.

 

L’argument mérite qu’on s’y attarde. Dans une Afrique souvent sommée d’atteindre instantanément des standards démocratiques que les démocraties occidentales ont mis des siècles à construire et consolider, cette référence aux imperfections américaines n’est pas anodine. Elle pose la question de la patience démocratique, du droit à l’erreur dans un apprentissage collectif, du temps nécessaire pour qu’un système électoral trouve ses marques. Pour la Mission d’Observation, réclamer des têtes à la moindre défaillance reviendrait à condamner le pays à « un perpétuel recommencement » et à une « instabilité électorale » dommageable.

 

Le message adressé aux Gabonais est donc double. D’une part, une invitation à la confiance envers leurs institutions et les autorités électorales qui, selon la Mission, « travaillent d’arrache-pied pour améliorer le processus électoral ». D’autre part, un rappel des voies légales de contestation : la Cour constitutionnelle reste la juridiction compétente pour entendre les candidats qui s’estimeraient lésés. Entre ces deux piliers, la Mission dessine les contours de ce qu’elle considère comme une attitude démocratique mature : critique constructive plutôt que déstabilisation, amélioration progressive plutôt que table rase.

 

Reste que cet appel à l’apaisement intervient dans un contexte particulier. Sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après le coup d’État d’août 2023 qui a renversé Ali Bongo, le Gabon s’est engagé dans une transition censée le ramener à un ordre constitutionnel. Les élections en cours marquent précisément cette étape cruciale vers la normalisation institutionnelle. Dans ce cadre, toute contestation trop virulente du processus pourrait être perçue comme une remise en cause de la transition elle-même.

 

C’est d’ailleurs ce que suggère la Mission lorsqu’elle met en garde contre « les partisans du chaos » qui chercheraient à « remettre en cause tous les acquis démocratiques » du pays. Un vocabulaire fort qui révèle les tensions sous-jacentes et la fragilité du moment politique gabonais. Entre l’admiration internationale pour le processus en cours et les frustrations locales face à ses imperfections, c’est tout l’équilibre de la transition qui se joue.

 

La Mission d’Observation Électorale de la Diaspora Africaine en Europe conclut son appel en encourageant les institutions à « rester concentrées » sur leur mission, celle que leur a confiée le président Oligui Nguema. Une formulation qui, au-delà de l’encouragement, sonne aussi comme un rappel : dans cette phase délicate, la stabilité prime sur la perfection immédiate. Le second tour des élections dira si ce message d’apaisement a porté ses fruits.



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