Dans un discours sans concession prononcé mercredi au siège de son parti, Anges Kevin Nzigou n’a rien épargné. Ni l’administration électorale, ni les candidats véreux, ni même les électeurs tentés par « les billets distribués à la veille du vote ». Le président du Front démocratique socialiste a dressé un réquisitoire implacable contre les élections législatives et locales du 27 septembre dernier, qu’il juge indignes de « l’espérance née du coup d’État du 30 août 2023 ».

Face à une assemblée de journalistes qu’il a d’emblée salués comme « la vigie de la vérité », Anges Kevin Nzigou a martelé son diagnostic : ces premières élections pluralistes post-putsch devaient incarner une rupture avec les pratiques du régime déchu. Au lieu de cela, le scrutin a révélé « les habitudes viciées, héritées du PDG, désormais recyclées au niveau de l’UDB », le nouveau parti du président de la transition. La charge est frontale, presque brutale dans sa franchise. « Lorsque la corruption entre dans l’isoloir, la sincérité du vote en sort expulsée », a-t-il lancé, multipliant les formules ciselées qui trahissent autant la colère que la désillusion.
Le cas Michel Itako Lezeka cristallise toutes les aberrations dénoncées. Ce candidat du FDS dans le département de l’Ivindo a d’abord été proclamé vainqueur par le ministère de l’Intérieur avant que celui-ci ne se rétracte. Pour Nzigou, cette volte-face incarne à elle seule « la fragilité et les irrégularités de ce scrutin ». Comment croire au décompte officiel, martèle-t-il, quand les résultats changent « selon les jours ou les pressions » ? Le président du FDS rappelle avec insistance l’article 160 du code électoral : une fois les résultats proclamés, le ministère doit immédiatement les transmettre aux juridictions compétentes et s’effacer. « Son rôle est de les centraliser, de les proclamer et ensuite de s’effacer au profit du juge », insiste-t-il, dénonçant une administration qui continue « d’agir au-delà de ce que la loi lui permet ».

Mais Anges Kevin Nzigou ne limite pas ses critiques à l’appareil d’État. Dans un exercice d’équilibriste périlleux, il pointe aussi la responsabilité des candidats qui ont préféré « acheter des consciences » plutôt que convaincre par leurs idées, et celle des électeurs qui, « pris dans les taux de la misère sociale », ont cédé à la tentation de l’argent facile. Cette mise en cause collective, qu’il qualifie lui-même de « responsabilité partagée », vise manifestement à élargir le débat au-delà de la seule dénonciation du pouvoir. « Certes, la responsabilité première n’est pas la leur », concède-t-il au sujet des électeurs, avant d’ajouter que « céder à cette pratique, c’est participer, même malgré soi, à la fragilisation de notre démocratie ».

L’inventaire des dysfonctionnements dressé par le leader du FDS donne le vertige : listes d’émargement uniques là où la loi en exige deux, candidatures annulées « sans contradictoire », résultats non affichés pendant les dix jours réglementaires, vidéos de fraudes circulant sur les réseaux sociaux. Sans oublier cette « contradiction majeure » relevée dans le calendrier : comment mener campagne pour un second tour alors que les recours du premier ne sont pas encore tranchés par la Cour constitutionnelle ? « On expose des électeurs à voter pour un candidat qui, quelques jours plus tard, pourrait être déclaré inéligible », fulmine-t-il.
Pourtant, au cœur de cette charge sévère, Anges Kevin Nzigou tend une perche au président de la transition. S’adressant directement au chef de l’État « avec respect mais sans dérobade », il l’appelle à « reconnaître que nombre des artisans des dérives électorales proviennent de votre administration ou de votre parti » et à « procéder avec force » à des sanctions. Le message est clair : la balle est désormais dans le camp du pouvoir. Soit il assume sa promesse de « refondation démocratique » en sanctionnant les coupables, soit il confirme que « la rupture n’est qu’un slogan ».

Dans cette adresse qui mêle gravité et pédagogie, virulence et proposition, le président du FDS refuse néanmoins de céder au découragement. « Le FDS poursuivra ce combat sans relâche », promet-il, en appelant la classe politique tout entière à « transformer cette crise en opportunité ». Reste à savoir si cet appel au sursaut collectif trouvera un écho dans un pays où, de l’aveu même du leader socialiste, « l’argent a encore circulé » et où « la fraude est devenue l’habitude ». Entre désillusion et espoir ténu, le Gabon post-putsch cherche encore sa voie démocratique.
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